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Sur les violences sexistes et sexuelles

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Article proposé par un lecteur de la Cause du Peuple et ancien membre “PCF/MJCF”. Nous la relayons pour l’importance de son sujet.

Depuis une semaine, le nombre de témoignages de victimes de violences sexuelles dans le “PCF” et le “MJCF” ne cesse de se multiplier sur les réseaux sociaux. Les victimes dénoncent ainsi l’inefficacité des cadres internes dans la lutte contre ces violences, et l’absences de toute mesure préventive et d’accompagnement des victimes. Ainsi, plusieurs dénoncent un réseau de solidarité masculine au sein du “Mouvement Jeunes Communistes de France” (MJCF), ayant cherché à étouffer plusieurs affaire, à faire taire les victimes, jusqu’à pratiquer harcèlement et dénigrement à leur encontre.

Au sein du “MJCF”, la situation arrive à son paroxysme à l’occasion du Congrès National de l’organisation, en janvier dernier, lorsqu’un peu moins d’une centaine de congressistes, des victimes et leurs allié-e-s, s’organisent pour prendre la tribune, et dénoncer la situation. Elles ont été menacées de procès en diffamation, de purges, et copieusement insultées. Des hommes ont bousculé violemment des femmes pour essayer de les empêcher de soutenir la prise de parole. La tribune, menée par un des hommes mis en cause, a appelé à quitter la salle.

Depuis, la situation étant bloquée, plusieurs intellectuelles, responsables politiques et féministes ont apportées leur soutien aux victimes, notamment suite à un communiqué du “PCF” mettant dos à dos victimes d’agressions et agresseurs, sous prétexte de présomption d’innocence.

Les violences sexistes et sexuelles sont un fait que toutes les organisations sont amenées à devoir prendre en charge. Malheureusement, les mesures de prévention, de mise en sécurité, d’accompagnement, ainsi que les sanctions sont des bases ignorées par un trop grand nombre d’organisations. Voici une première liste revendicative écrite par les victimes et leurs allié-e-s :

Nous, victimes de violences sexuelles et leur allié.e.s, dans le respect des statuts et orientations du MJCF et du PCF, nous exigeons :

  • l’exclusion immédiate et effective de tous les agresseurs et violeurs dénoncés. Nous demandons à faire respecter la volonté des camarades et systématiquement faire valoir le principe de précaution. L’adhésion n’est pas un droit, et la honte doit changer de camp !
  • l’exclusion immédiate et effective de tous les agresseurs et violeurs dénoncés. Nous demandons à faire respecter la volonté des camarades et systématiquement faire valoir le principe de précaution. L’adhésion n’est pas un droit, et la honte doit changer de camp !
  • l’automatisation des liens entre les organisations concernant les violences sexuelles. Plus un seul agresseur ne doit être écarté d’une orga et trouver refuge dans une autre !
  • la démission immédiate des responsables ayant couvert des violeurs et participé au harcèlement des victimes dans le but de les faire taire, ainsi que l’assurance qu’ils seront écartés durablement de tous postes et responsabilités au sein du mouvement communiste.
  • des excuses publiques en plus d’excuses individuelles auprès des victimes d’agressions sexuelles et de viols de la part de la direction (restante) du MJCF pour avoir permis ces comportements!
  • que la direction du MJCF et du PCF joigne immédiatement les victimes connues (ayant témoigné publiquement ou anonymement ces dernières années) pour s’enquérir de leur état de santé et leur proposer leur soutien (financier et juridique) et un accompagnement!
  • de rendre obligatoire à chaque événement national ou fédéral un point préalable sur le consentement et la santé sexuelle, où chacun devra être présent et attentif ! Plus jamais les cadres comme les camps d’été ne doivent représenter un danger pour nos camarades !
  • de commencer une réflexion sur la place des personnes mineures dans l’organisation et les relations qu’il est acceptable d’avoir entre adultes (même jeunes) et adolescents, ainsi qu’une réflexion sur l’alcoolisation systématique pendant les temps festifs
  • avoir systématiquement une réflexion sur les méthodes d’hébergements militants et collectifs des camarades pour assurer la sécurité de tous et toutes
  • mettre en place un système de personnes de confiances formées clairement identifiées à chaque événement pour prévenir les violences et pouvoir intervenir rapidement pour accompagner les victimes
  • que la commission statutaire votée au dernier congrès soit composée de camarades auxquel.le.s les victimes puissent avoir confiance et n’aient pas été nommé.e.s dans les affaires de protection d’agresseurs et de violeurs
  • que le PCF et le MJCF communique régulièrement sur les réseaux sociaux et auprès des fédérations à l’intention de tous et toutes des informations sur la commission stop violences et leur soutien inconditionnel aux victimes, afin de libérer réellement la parole
  • développer une réelle analyse de la violence du dépôt de plainte pour une victime, afin de faire cesser les injonctions qui ne servent qu’à silencier les victimes, et proposer un réel accompagnement qui rende possible des démarches juridiques
    MAIS! sans pour autant en faire le préalable toute action!
    Nous condamnons la justice quand elle emprisonne des syndicalistes, protège les patrons voyous, classent sans suite les plaintes de nos camarades agressés par l’extrême-droite. Nous devons également condamner la justice quand elle protège les violeurs!
  • qu’un rapport public régulier et anonymisé soit produit sur les activités de la commission stop violences, afin de pouvoir rendre compte aux camarades des progrès effectués, et donner confiance aux victimes dans le dispositif!

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