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Paris : retour sur une semaine de mobilisation lycéenne à Hélène Boucher

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Le lycée Hélène Boucher dans le 20ème arrondissement de Paris, au milieu du quartier populaire de la porte de Vincennes, est un point chaud de la contestation lycéenne contre la réforme des retraites. Ces dernières semaines, les blocus ont été marqués par de fortes tensions entre lycéens déterminés, flics violents et administration complaisante envers ces derniers. En effet, la proviseure (membre d’un think-tank sur l’éducation proche de LREM et du ministre Blanquer) appelle systématiquement les flics pour déloger les lycéens de leurs poubelles. Elle utilise également ses prérogatives administratives pour mener la répression des lycéens opposés à Blanquer, Macron et leur système mortifère. Parmi ses pratiques : le fichage des élèves, pris en photo par l’intendant et le proviseur adjoint, alors que ce sont des mineurs sur la voie publique (ce qui est illégal), afin de les menacer de sanction : mentions sur le bulletin, journées d’exclusion et de pourrir leur dossier Parcoursup !

Malgré tout ça, les lycéens restent combatifs, bloquent leurs lycées et tissent des liens avec les grévistes de la RATP du dépôt de Lagny, juste à côté du lycée. Le mardi 14 Janvier, malgré la présence d’une vingtaine de chtars, qui nous arrosent avec les gazeuses, nous filment en se moquant de nous, et nous appellent par nos prénoms balancés par ces poucaves de l’administration, le lycée était bloqué à toutes les entrées ! Nous mettons en place des pancartes avec des revendications claires (voir photo) Le vendredi 17 janvier, on décide de remettre ça avant la manif, mais à 6h du mat, c’est la BST qui nous attend. Face à des flics cagoulés, sans matricule, qui n’hésitent pas à entrer dans le lycée avec des flashballs, à gazer et à donner des coups de matraques, on doit tenir. Bilan : des beaux hématomes et des mineurs aux doigts cassés. On aura le droit à des articles dans Le Monde et Libération, qui donnent la parole à la proviseure, qui a choisi de faire blesser ses élèves plutôt que de les protéger, et rien pour les lycéens.

Choqués par l’intensité des violences de vendredi, le début de semaine est marqué par de l’organisation : tracts, banderoles, discussions avec les profs et les parents d’élèves… Mercredi, l’AG des lycéens décide de donner un ultimatum : arrêt des sanctions contre les élèves, ouverture permanente d’une salle de discussion (dont le proviseure avait parlé dans les journaux, mytho!), et plus jamais de keufs sur nos blocus. On est en position de force, mais elle décide unilatéralement de rejeter notre demande.

Grand mal lui a pris : le vendredi 24 janvier, on riposte ! Déterminés par cette lutte qui se prolonge, de mieux en mieux organisés et aidés par des camarades, on passe à l’attaque du lycée. Cette fois, pas de négociations. On a appelé les parents d’élèves et les profs pour qu’ils voient ce que fait l’administration. Quelques journalistes en quête d’images racoleuses se baladent. On leur explique qu’ils feraient mieux de dénoncer les violences plutôt que de chercher à montrer des lycéens excités. Le blocus est mis en place dès 7h, à 8h personne ne rentre. Il faut dire qu’il est bien fait. On s’ambiance avec des torches, des fumigènes et des enceintes qui nous font pogoter pour se réchauffer. L’administration se fait chambrer, prennent quelques œufs et de la farine dans la gueule, bien fait. Fallait pas appeler la BST.  Avec les lycéens de Maurice Ravel, le lycée d’à côté, ça nous suffit pas de bloquer le tramway alors on décide de se réchauffer encore plus : après quelques hésitations, c’est pas à notre blocus qu’on foutra le feu, mais à une barricade au milieu du cours de Vincennes ! Grosse ambiance autour du feu de joie, les automobilistes font demi-tour, c’est bloqué et ça le restera pendant quelques heures ! Une grosse fumée noire est visible dans tout le quartier : Macron, ça chauffe pour toi ! Suite à ça débarquent les flics, en tenue anti-émeutes, ils prennent des œufs et quelques pavés. Ils tentent de charger mais ils sont inefficaces. On pourra partir en manif tranquille.

Quand les dirlos et les flics attaquent, les lycéens contre-attaquent !

            – des lycéens révolutionnaires

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