Sur la situation mondiale – Partie 2



Nous publions la deuxième partie – sur trois – de cet article abordant la dynamique mondiale de l’impérialisme, et ses différents effets. La partie 1 est ici.

La stratégie US dans le monde

Outre sa puissance économique, l’impérialisme US est basé sur une armée pléthorique et en premier lieu sur une marine qui lui permet de se « projeter » dans n’importe quel endroit du monde. Le budget militaire des USA est de 648 milliard de dollars, soit 36% du budget mondial de l’armement. Mais ce chiffre ne reflète pas véritablement la domination US sur le monde. De nombreux autres paramètres rentre en jeu pour apprécier réellement cette domination. Par exemple un pays comme l’Arabie Saoudite possédant le 3e budget militaire mondial ne signifie pas grand chose. Ce pays est une semi-colonie, et ces milliard dans l’armement (67) ne sont que du vent . Il suffit d’observer la déconfiture de son attaque contre le Yemen. Il ne suffit pas d’avoir des armes mais il faut savoir s’en servir. De plus, beaucoup de pays dépendent directement des USA (ou d’autres impérialistes) pour la maintenance du matérielle qui est d’origine très souvent américaine. Il ne faut pas oublier qu’il faut rajouter le jeu des alliances à tout cela. Les pays de l’OTAN représentent 55% du budget mondial de l’armement, et l’Alliance est financée à 75% par les USA. Nous pouvons aussi rajouter d’autres alliances, comme celle avec le Japon, qui possède la troisième marine mondiale. Les USA dominent, et de loin, la mer, les airs et la terre par la force et par un système complexe d’alliance et de point d’appuis à travers tout le globe.

Cette domination, économique et militaire, permet de soumettre peu à peu la planète entière, ce dont son capitalisme nécessite pour continuer à se reproduire. Le besoin sans cesse de générer des profits rentre en contradiction avec le fait que le taux de profits et les profits eux-même ont tendance à diminuer. Il faut donc capter le maximum de marché, détruire la concurrence et s’accaparer les ressources stratégiques nécessaire à la marche de l’économie capitaliste, en premier lieu le pétrole. Cette politique agressive accentue les tensions mondiales jusque dans les propres rangs de ses « alliés ». L’impérialisme est égoïste, il n’a pas d’amis, ni de famille, juste des partenaires tactiques qui peuvent changer selon la situation. L’accentuation de la crise, qui vient de prendre une nouvelle forme aiguë aujourd’hui va accélérer plus que jamais cette tendance et pousse l’humanité vers une guerre inter-impérialiste. Nous ne devons pas oublier que même si les USA sont hégémoniques, d’autres impérialismes sont là, et ne peuvent pas se soumettre du simple fait que cela sonnerait leur disparition. La France, par exemple, n’est pas soumise – bien au contraire – aux USA. Aucun capitaliste ne se soumet sans se battre.

Quelques actes de cette domination

Nous pouvons proposer une liste non exhaustive de la domination sans partage sur les septs mers du globe de l’impérialisme US et montrer que la crise actuelle va servir à accentuer cette domination. Il y aurait tant à dire sur les manières diverses et variés de l’impérialisme, avec tout un ressort idéologique ultra puissant, autour, par exemple, d’Hollywood, du rêve américain, du self made man etc. Nous nous contenterons de la partie visible de l’iceberg impérialiste.

En Asie la guerre commerciale menée contre la Chine par Trump a porté ses fruits : un accord a été signé le 15 janvier 2020, les USA ont gagné. Il ouvre le marché Chine aux services financiers et de nombreuses autres closes1. La guerre commerciale ne visait pas à re-équilibrer la balance entre la Chine et les USA, mais l’ouverture du marché chinois à la finance étrangère. L’économie chinoise repose sur l’exportation (même si son marché intérieur est en croissance) vers, principalement, les USA (19%). Ces derniers peuvent se permettre une telle guerre économique alors que les Chinois ne le peuvent pas. La stabilité du régime nécessite des taux de croissance hauts. Les forces productives chinoises sont surannées, ils ne produisent que des marchandises de faible valeurs ajoutées. Ils ont besoin des capitaux US, des pièces de hautes technicités comme les puces électroniques pour produire leurs marchandises. C’est pour cela que nous voyons la Chine racheter à tour de bras des entreprises partout dans le monde, c’est aussi pour cela que les capitalistes chinois ont massivement investie dans le dette des USA. La détention de 17% de la Dette US n’est pas une ‘arme’ comme certains peuvent le dire, elle rapporte beaucoup trop aux chinois, et la revendre créerait des perturbations dont ils souffriraient beaucoup plus que les USA (chute de leurs monnaie, et, où, simplement, caser cette somme gigantesque de capitaux ?).

Lors de la réunion de l’OTAN à Londres, le 3 et 4 décembre 2019, la Chine a été pour la première fois nommée dans le compte rendu2. Elle représente pour l’Alliance un « défi », c’est à dire qu’elle devient officiellement le centre des préoccupations, en un mot l’ennemi principal, de cette alliance militaire.

Depuis des années les USA ré-oriente leurs armées vers le Pacifique. Ils ont accrus de 60% la présence de leurs flotte dans la zone pacifique. Ils ont, par exemple, ré-armé la base militaire de Callao au Pérou pour pouvoir amarrer leurs portes avions nucléaires. L’Australie, d’ailleurs, acquièrent une place centrale dans cette « nouvelle donne » impérialiste. Le Livre blanc de politique étrangère australienne nomme la Chine comme principale ennemi, et reconnaît les USA comme le garant de l’ordre mondial. Elle mène, sous la houlette des USA un ré-armement sans précédent et de plus a accordé de nouvelles facilités à la flotte US. Elle devient de fait le porte-avions US dans le Pacifique, comme première ligne de défense face à la Chine.

Les gesticulations contre la Corée du Nord de Trump n’avait comme but que de pouvoir implanter légitimement le bouclier antimissile THAAD face aux Chinois. D’ailleurs, les Chinois ne sont pas dupes ils ont demandé officiellement le retrait de ces batteries. Résultat : aucun. 

La Chine est donc sur la défensive et n’a de marge de manœuvre que régionalement. Ses capacités militaires ne rattraperont sûrement jamais l’avance des USA. Son appareil productif aura beaucoup de mal à se moderniser sans détruire la base sa domination social-impérialiste sur les masses chinoises, déjà très combatives. Nous vivons la faillite totale du révisionnisme chinois qui pensait pourvoir devenir aussi gros que le bœuf.

L’Amérique du Sud est totalement sous domination US, c’est la base de sa puissance impérialiste. Son arrière-cour, qui est vitale. Ils gèrent indirectement, voir parfois directement, les affaires des nations sud-américaines via leurs laquais locaux. La crise de 2008 a été amortie aux USA notamment par le retour des capitaux investis à l’étranger en augmentant les taux d’intérêt. Cela a crée une augmentation des contradictions dans les pays sud-américain qui ont porté au pouvoir des droites de plus en plus dures. Cette situation a poussé l’Amérique du sud dans la crise. Le mensonges des réformistes, des révisionnistes, et d’autres opportunistes qui voulaient nous faire croire que l’Alba3, les Brics4, les pseudos gouvernements de gauche, étaient la nouvelle alternative au monde unipolaire, n’aura duré que le temps d’une crise. La fuite d’Evo Morale, le bourgeois indigène, au Mexique en laissant son peuple seule face à la réaction la plus noire est sûrement le plus beau symbole de cette chute. La crise de 2008 a créé les bases de l’arrivée au pouvoir de l’ultra-réactionnaire Bolsonaro au Brésil. Il a concédé pour la première fois de l’histoire une base militaire aux USA, base gigantesque qui se trouve dans le Nordeste, qui plus est, est un admirable balcon sur l’Afrique.

Le Venezuela Chaviste est le cas d’école de tout ce que peu faire l’impérialisme pour arriver à ses fin : pression, sabotage, guerre économique, déstabilisations en tout genre, politique de la canonnière, jusqu’à une possible invasion. Loin d’avoir instauré un « socialisme du XXIe siècle », les Chavistes n’ont fait que re-distribuer une partie de la rente pétrolière en re-nationalisant la compagnie nationale. La situation de semi-colonie du Venezuela n’a fait que s’accentuer, les USA sont toujours le premier investisseur dans le pays. Loin de socialiser l’économie, la part du privé dans l’économie nationale a grandi. Mais les USA ont besoin de plus, c’est à dire de la totalité du gâteaux, en laissant bien sur quelques miettes aux autres impérialistes (la France est le 4e investisseur, par exemple).

Les USA veulent transformer le Vénézuela en une colonie directe sous l’administration d’un gouvernement fantoche. Comme nous l’avions vu dans un article précédent, Trump se sert de la Pandémie pour définitivement faire tomber les chavistes et soumettre le pays. Le Vénézuela va être sûrement un des pays les plus touché par la crise actuelle. Le « socialisme Vénézuelien » est tellement socialiste qu’il a demandé un prêt au FMI, qui lui a, bien sur été refusé5. Son économie est en ruine du fait de la guerre économique menée par les USA, et de l’accaparement d’une partie de la rente pétrolière par la boli-bougeoisie comme elle est appelée là bas (c’est à dire la nouvelle classe parasitaire qui c’est crée autour du pouvoir chaviste). De plus le gouvernement chaviste a des milliards d’actifs, dont de l’or, bloqués aux USA, en Belgique et aux Royaumes-Unis.

La pandémie permet aux USA de préparer une attaque directe contre le Vénézuela, tant le pays est au bord du gouffre. Maduro, devenu officiellement narco-trafiquant, est une cible : souvenons nous du Général Noriega au Panama.

Le Mexique, quand a lui, est inféodé depuis une longue date et est sous la menace d’une invasion directe des USA, avec avec à la clé une possible partition du pays. L’idée est de finir le plan de conquête qui avait été avorté lors de la guerre americano-mexicaine de 1848. Nous savons que les cartels sont directement approvisionnés en arme par les USA6, ils servent à déstabiliser sans fin ce pays, empêcher une quelque-conque émancipation mais surtout préparer une invasion. C’est donc sous couvert de la guerre aux Cartels que Trump a proposé l’envoie de la troupe pour ‘aider’ le gouvernement mexicain dans cette lutte7 en 2019. La crise actuelle va encore plus accentuer cette tendance.

1 https://www.challenges.fr/monde/les-etats-unis-et-la-chine-signent-un-accord-commercial-historique_693918

2 https://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_171584.htm?selectedLocale=fr

5https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/le-fmi-reste-sourd-aux-demandes-daide-du-venezuela-1187915

6 https://www.marianne.net/debattons/blogs/objectif-washington/des-milliers-d-armes-lourdes-vendues-par-les-etats-unis-aux

7 https://fl24.net/2019/11/05/donald-trump-propose-au-mexique-laide-de-larmee-americaine-pour-eradiquer-les-cartels-de-drogue/

2 thoughts on “Sur la situation mondiale – Partie 2”

  1. Tbzr dit :

    Bonjour,
    Votre article sur la situation mondial est truffé d’ânerie (comme les deux autres d’ailleurs).
    Votre regard sur le Venezuela, la Bolivie et la Chine m’apparait complètement erroné. Vous parlez sans cesse “des impérialismes”, cela me semble être d’une bêtise confondante. Après si vous connaissez d’autres pays qui dépensent la moitié du budget militaire mondial, qui possèdent environ 700 bases militaires à l’étranger (la Chine n’en possède à ma connaissance qu’une seule), qui a fait la guerre à d’innombrables pays de manière directe ou indirecte depuis 1945 , infliger des sanctions, mener des embargos sur plusieurs états souverains je vous en supplie, faites moi signe.
    Également, je vous conseil plutôt que de lire challenges et les échos de vous tourner vers des sources plus fiable concernant l’amérique latine , je pense par exemple à Romain Migus, Maurice Lemoine et Michel Colon.
    Vous devriez aussi, à minima relire votre texte avant de le publier, les fautes d’orthographes et fautes de frappes pullulent, ça ne semble pas sérieux et globalement peu crédible.

    Amicalement

    1. admin dit :

      Bonjour,

      l’impérialisme n’est pas simplement “être le plus fort”. Un impérialiste est un exportateur de capitaux. Michel Colon et compagnie soutiennent les russes et les chinois contre les américains, considérant plus ou moins qu’il faut “faire contrepoids” à cette domination us.

      Rien de plus faux. D’abord, les gesticulations de penseurs ne changeront rien au rapport de force global. Ensuite, un impérialisme faible ne vaut pas mieux qu’un impérialisme fort. L’impérialisme Russe, l’impérialisme Chinois, sont aussi néfastes que l’impérialisme américain : ils ne peuvent simplement pas sortir de leurs plattes bandes et doivent faire des concessions aux américains.

      Mais globalement, fondamentalement, ils restent impérialistes. Ils exportent du capital, monopolisent l’économie de pays opprimés, bloquent leur développement, tirent un surprofit de cette exploitation, permettant de redistribuer aux masses populaires une petite partie de ce surprofit si besoin.

      Penser que l’impérialisme se résumé à la puissance militaire, ce serait dire que l’Inde ou le Pakistan serait impérialistes, par exemple : hors, il n’ont aucun capital propre, tout est détenu par des pays impérialistes, il n’y à aucune bourgeoisie nationale locale qui ne soit liée à une bourgeoisie impérialiste, aucune indépendance réelle.

      Ce n’est ni plus ni moins que du social-chauvinisme, trouvant dans le système capitaliste des “bons” capitalistes, ceux se présentant comme sociaux/anti américains, et des mauvais. C’est d’une bêtise crasse, c’est demander aux masses populaires de mettre leur force dans des batailles de partage du monde contre leurs intérêts ; c’est vendre les masses populaires et les classes ouvrières contre de simples promesses.

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