Les grandes entreprises hypocrites prétendent lutter contre le racisme

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Depuis la mort de George Floyd, tué par la police raciste à Minneapolis, dans le Minnesota, un immense mouvement populaire a émergé aux quatre coins du Monde pour protester contre le racisme et les violences policières. Dans le sillage de ce mouvement, de nombreuses multinationales essayent de s’acheter une conscience et prétendent soutenir les protestataires. Ce n’est que de l’hypocrisie.

Nike, Adidas, Twitter, Netflix, Instagram, Uber, Google, Facebook, McDonald’s, Burger King etc. Des tas de multinationales ont affirmé sur les réseaux sociaux leur soutien au mouvement Black Lives Matter. Ces entreprises, qui prétendent dénoncer le racisme, ne sont en réalité que des hypocrites. En effet, elles sont la pierre angulaire du système capitaliste-impérialiste, un système raciste qui repose sur l’exploitation du prolétariat et sur l’assujettissement des pays dominés par les pays impérialistes.

Dans de nombreux pays impérialistes, le cœur du prolétariat est composé des populations immigrées ou descendantes d’esclaves. Ainsi, aux États-Unis, les noirs et les latinos sont sur représentés parmi les prolétaires, et ils occupent bien souvent des emplois précaires, mal payés, dans des conditions difficiles. Au sein de l’État français, des millions d’immigrés ou descendants d’immigrés d’Afrique du Nord et d’Afrique Subsaharienne occupent des emplois précaires, mal rémunérés, et souvent non déclarés. Ainsi, au sein de l’État français, comme aux États-Unis, et comme dans de nombreux autres pays, les grandes entreprises capitalistes bénéficient d’une main d’oeuvre sur-exploitée, en situation de vulnérabilité. Ces entreprises n’ont aucun intérêt à l’abolition du racisme, car ce sont les structures racistes de la société qui font que les prolétaires noirs ou arabes sont encore plus exploités, encore plus précaires, encore plus vulnérables que les prolétaires blancs. Et les capitalistes, afin de maximiser les profits, auront toujours besoin d’une main d’oeuvre sur-exploitée. Parfois, ces divisions au sein du prolétariat entre les prolétaires blancs et les prolétaires non blancs sont mêmes utilisées consciemment par la bourgeoisie afin d’empêcher les exploités de s’unir contre la domination de la classe capitaliste, c’est par exemple ce que fait le Rassemblement National de Marine Le Pen en opposant les prolétaires français aux prolétaires immigrés. Le but de la manœuvre est clair : que les prolétaires s’opposent entre eux plutôt que de s’unir contre le patronat.

À l’échelle internationale, les grandes entreprises renforcent également les structures racistes en délocalisant bien souvent leur production dans des pays dominés afin d’exploiter une main d’oeuvre précaire, ne bénéficiant pas de protection sociale. Ainsi, Nike et Adidas peuvent prétendre soutenir les revendications des noirs états-uniens, mais en délocalisant leur production en Inde, au Bangladesh, en Éthiopie et dans d’autres pays dominés, ils exploitent de manière raciste une main d’oeuvre non blanche pour maximiser les profits.

Par ailleurs, la manœuvre consistant à prétendre soutenir les noirs états-uniens face au racisme relève également d’une stratégie commerciale : ces entreprises ne veulent pas perdre une éventuelle clientèle noire. Ainsi, lorsqu’une seule de ces entreprises essaye de faire le buzz avec un #BlackLivesMatter ou en postant une photo noire sur les réseaux sociaux, les autres entreprises suivent immédiatement car elles s’inscrivent dans une cynique démarche concurrentielle et ne veulent pas se voir reprocher leur silence, ce qui pourrait leur faire perdre de la clientèle. Il s’agit ainsi bien plus d’une stratégie marketing que d’un réel soutien à la lutte antiraciste. Là dessus, la palme de l’hypocrisie et du cynisme revient à Uber Eats qui lance une campagne visant à rendre gratuits les frais de livraison des restaurants tenus par des noirs aux États-Unis et au Canada. Le but de la manœuvre ? Maximiser le nombre de commandes, gagner de nouveaux clients en prenant notamment des parts de marché aux concurrents comme Deliveroo ou Just Eat. Alors que depuis des années, Uber bénéficie directement de la précarité dans laquelle sont de nombreuses personnes non blanches afin de les exploiter, ils prétendent aujourd’hui lutter contre le racisme en favorisant la minorité de capitalistes non blancs. Mais ce ne sont certainement pas les patrons noirs de restaurants qui subissent les violences policières et la violence sociale quotidienne du racisme, non, ce sont bien plus les chauffeurs et livreurs précaires qui pédalent chaque soir des dizaines de kilomètres pour livrer des repas. Au sein de l’État français, il suffit de se balader le soir dans le centre d’une grande ville pour constater que la plupart des livreurs Uber Eats ne sont pas des blancs. Nombre d’entre eux n’ont même pas de papiers et sont contraints de louer un compte pour pouvoir travailler, ils se voient ainsi ponctionner une partie de leurs revenus par Uber Eats et une autre partie par des escrocs qui profitent de leur situation de précarité. Tout ça, Uber Eats le sait très bien mais ne fait rien pour lutter contre, car avoir une main d’oeuvre précaire et vulnérable leur donne des atouts pour faire du chantage à l’emploi.

Uber Eats essaye de gagner des clients en rendant gratuits les frais de livraison sur les restaurants détenus par des noirs

Face à ce cynisme des grandes entreprises qui essayent de récupérer la lutte antiraciste pour leurs profits, il s’agit d’opposer une réelle ligne antiraciste prolétarienne, car la lutte antiraciste est indissociable de la lutte des classes !

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