Un remaniement qui ne change rien



Un changement de premier ministre, des ministres qui passent d’un ministère à un autre et quelques nouvelles têtes, voilà le bilan du remaniement ministériel du lundi 6 juillet. Dans le fond, il ne s’agit là que d’une manœuvre politicienne qui ne change absolument rien.

C’est toujours la classe capitaliste qui est au pouvoir, le nouveau gouvernement continuera d’appliquer la politique voulue par la bourgeoisie, les réformes attaquant frontalement les droits des travailleurs et démantelant petit à petit méthodiquement les services publics vont se poursuivre, et le nouveau Premier Ministre Jean Castex a même annoncé qu’il souhaitait relancer la réforme des retraites… Autrement dit, il s’agit là uniquement de changer quelques têtes, de mettre en avant quelques nouveaux visages tout en gardant la même feuille de route. Une fois de plus, l’État capitaliste applique une politique purement bourgeoise : à chaque fois que le parti au gouvernement prend une grosse défaite électorale (et ça a été le cas lors des élections municipales), il y a un remaniement ministériel quelques jours plus tard, comme si changer quelques têtes allait améliorer quoi que ce soit.

Nous sommes là face à une énième tentative désespérée de la part du gouvernement de gagner quelques misérables points de satisfaction dans les sondages, mais les masses populaires ne sont pas dupes et se rendent bien compte que le gouvernement Macron ainsi que toutes les structures de l’État sont faites pour servir les intérêts des patrons. En effet, la colère des masses ne se concentre pas seulement sur quelques individus, certes détestés, mais qui ne sont que des représentants de l’ordre bourgeois, comme Christophe Castaner par exemple, mais bien sur l’ensemble de ce système destructeur, sur toutes ses institutions, sur toutes les entreprises monopolistes qui exploitent le prolétariat, sur les flics qui sont chargés de matraquer quiconque se révolte, sur les gouvernements successifs qui mènent tous la même politique antisociale etc. Virer Castaner pour mettre à la place le violeur Darmanin ne changera donc rien à la logique globale, car cette logique globale dépasse largement ces quelques politiciens opportunistes.

Dans un contexte d’intensification des contradictions de classe, alors que la bourgeois fait tout pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19, alors que les travailleurs ne se laissent pas faire, défendent leurs emplois et organisent la riposte, cette manœuvre du gouvernement est donc une fois de plus un coup d’épée dans l’eau qui illustre bien le fossé entre la politique politicienne et les masses populaires, comme l’a démontré le très fort taux d’abstention aux dernières élections municipales.

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