Loi Anti-Terroriste aux Philippines : l’Etat pourri et le gouvernement de Duterte criminalisent les militants



Aux Philippines, archipel d’Asie du Sud-Est, une guerre populaire prolongée fait rage depuis plus de 50 ans, dirigée par le Parti Communiste des Philippines. L’Etat philippin, un Etat mené par la bourgeoisie et les propriétaires terriens, a depuis longtemps criminalisé les organisations qui mènent la guerre populaire et les organisations de masse à la campagne : Duterte, le président actuel, a par exemple fait bombarder de nombreuses écoles du peuple Lumad, c’est-à-dire les indigènes des Philippines. En plus de cela, le gouvernement a procédé à de nombreux assassinats ciblés, à des arrestations sans motif ou à des massacres de paysans effectués par des groupes paramilitaires ou la police. Cela fait de nombreuses années que des opérations militaires et des plans de destruction de la guerre populaire sont développés par les gouvernements successifs des Philippines, sans succès.

Mais depuis 2020, le gouvernement pousse une nouvelle loi, la Loi Anti-Terroriste 2020, pour remplacer la Loi sur la Sécurité Humaine de 2007. A l’époque, le gouvernement de la présidente Gloria Arroyo avait déjà écrit cette loi pour permettre à l’Etat d’arrêter plus facilement et de détenir dans des conditions plus floues un plus grand nombre de personnes. Pour le gouvernement réactionnaire de Duterte, cette nouvelle loi permet d’étendre la définition du terrorisme et d’élargir les conditions dans lesquelles la répression des militants peut se dérouler. En particulier, cette nouvelle loi permet d’attaquer le mouvement social dans les villes. Cela fait de nombreuses années que le « red-tagging », c’est-à-dire le que des personnes opposées au vieil Etat réactionnaire soient systématiquement accusées d’être communistes, est monnaie courante dans l’archipel. Avec cette nouvelle loi, l’Etat peut réprimer bien plus facilement et bien plus fort ce mouvement et les organisations de masse. Par exemple, avec la nouvelle loi, des suspects peuvent être arrêtés et détenus jusqu’à 24 jours, et mis sous surveillance pendant jusqu’à 90 jours, sans aucune décision de justice. En cas d’arrestation par erreur, aucune compensation ne doit être versée à la victime par l’Etat. La définition du « terrorisme » a également été étendue par cette loi : la destruction de la propriété privée est désormais considérée terroriste par exemple. Enfin, un Conseil Anti-Terroriste, chargé de désigner les « terroristes », a été créé. Evidemment, ce Conseil est nommé… par le président.

Cette loi est donc une attaque claire pour criminaliser les militants et renforcer les outils du gouvernement de Duterte pour réprimer encore plus férocement le mouvement de masse et la révolution. Depuis l’annonce de cette loi, et sa signature par Duterte le 3 juillet, un mouvement s’est levé pour appeler à abandonner cette loi : #JunkTerrorLaw. Plus de 1 000 étudiants et activistes ont organisé une assemblée le jour de l’indépendance des Philippines, le 12 juin. De nombreuses organisations philippines et internationales, comme la Fédération Nationale des Femmes Paysannes (Amihan) se sont élevées contre cette loi. En Europe, des organisations philippines appellent à lutter contre cette loi. L’intensification de la répression du vieil Etat réactionnaire appelle à une réponse forte du nouvel Etat révolutionnaire dans la guerre populaire pour étendre la révolution à tout l’archipel et construire le nouveau pouvoir, débarrassé des propriétaires terriens, des impérialistes et des capitalistes bureaucrates.

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