À Paris, les policiers lynchent un homme en le traitant de « sale nègre »



Nous sommes le samedi 21 novembre et Michel, un homme noir, producteur de musique, se dirige vers son studio dans le 17ème arrondissement de Paris quand il croise des policiers. Ne portant pas son masque, il se dirige rapidement vers le studio afin d’éviter l’amende de 135€. Michel ne le sait alors pas encore, mais il va subir un lynchage ultra violent pendant vingt minutes par une dizaine de policiers.

Si nous avons aujourd’hui connaissance de ces faits, c’est car ils ont été filmés par une caméra de vidéo-surveillance du studio d’enregistrement de Michel et par des voisins depuis leur fenêtre, puis diffusés par le média en ligne Loopsider. Sans ces vidéos, cette énième affaire de lynchage commis par des policiers n’aurait jamais été portée à la connaissance du public. En effet, c’est par le visionnage de différentes vidéos de la scène et avec l’aide de Michel que les journalistes de Loopsider ont pu reconstituer la scène.

Ainsi, nous savons aujourd’hui que les policiers ont suivi Michel dans le studio d’enregistrement pour le tabasser ultra violemment. La vidéo-surveillance montre en effet des policiers qui tabassent Michel en lui donnant plusieurs dizaines de coups de poing, de pied et de matraque. Alertés par ses cris après plusieurs minutes de lynchage, neuf jeunes artistes présents dans les studios viennent finalement en aide à Michel et repoussent les policiers dans la rue. Ces derniers décident alors d’appeler du renfort, et brisent la vitre du studio à coup de matraque puis lancent une grenade lacrymogène à l’intérieur. À ce moment là, Michel, déjà blessé par les nombreux coups reçus précédemment, suffoque. Les policiers pénètrent à nouveau dans le studio et pointent leur arme en direction de Michel pour le faire sortir de force dans la rue. Dehors, une dizaine de policiers appelés en renfort l’attendent et participent au lynchage avec leurs collègues. Dans le même temps, des policiers pointent leurs armes en direction des jeunes restés dans le studio puis les frappent également avant de les forcer à sortir dans la rue, où ils seront également frappés à plusieurs reprises. Le lynchage ne prend fin qu’une fois qu’un policier remarque qu’un voisin filme la scène et crie alors « caméra, caméra », poussant ses collègues à cesser les violences.

Retrouvé par les journalistes de Loopsider, Michel a témoigné à visage découvert et raconté qu’en plus des violences, il a été traité de « sale nègre » tout au long du lynchage. Les policiers, quant à eux, ont menti dans leur déposition afin d’essayer de faire condamner Michel, mais aussi et surtout afin de se dédouaner de toute accusation de violence. En effet, ne sachant pas qu’une caméra de vidéo-surveillance était présente dans le studio, ils ont affirmé dans leur déposition que Michel les avait tirés de force dans le studio avant d’essayer de leur voler leur arme de service. Cette version, sur laquelle s’accordent les trois policiers (qui se sont donc concertés et mis d’accord avant de faire leur déposition) a été totalement contredite par les images de vidéo-surveillance : Michel n’a à aucun moment tiré les policiers, il n’a en aucun cas essayé de leur subtiliser leur arme de service, et à aucun moment au cours des vingt minutes de lynchage il n’a porté le moindre coup.

La vidéo publiée par Loopsider a déjà été partagée près de 250 000 fois et visionnée par plus de six millions de personnes. C’est cette vidéo qui a permis à Michel de prouver qu’il est innocent, car sans cette vidéo, Michel serait probablement en détention préventive en attente de son procès pour violences contre des policiers. Cette nouvelle affaire nous démontre une fois de plus la nécessité vitale de filmer les policiers, car filmer la police, c’est se protéger et protéger les autres : ici c’est la présence d’une caméra qui a forcé les policiers à stopper le lynchage. Filmer les policiers, c’est un moyen de se défendre face à la justice, en prouvant que, contrairement à ce que les flics affirment, on n’a pas commis de violence à leur encontre. Enfin, filmer la police est un moyen de sensibiliser les masses populaires à la réalité quotidienne de la violence policière. Alors, ce n’est pas pour rien que le gouvernement, au travers de sa loi de sécurité globale, souhaite empêcher la population de filmer la police, car sans caméras braquées sur eux, les policiers pourront lyncher autant qu’ils le souhaitent, et ce en toute discrétion.

Des affaires comme celle de Michel, il y en a tous les jours des dizaines, voire des centaines, et dans la majorité des cas, elles ont lieu loin des caméras, souvent derrière les murs épais des commissariats. Ces faits ne sont pas des « bavures », ils sont le fonctionnement normal de l’institution policière, une institution dont le rôle premier est de réprimer la population, de briser toute révolte du prolétariat, de mettre au pas les banlieues prolétariennes où les révoltes sont de plus en plus fréquentes.

Si la justice semble s’appliquer pour cette affaire, il s’agit juste d’un moyen, pour le gouvernement et l’appareil policier, de faire croire que la justice est généralement rendue. Or, l’affaire d’un tir à balles réelles sur des jeunes innocents, arrêtés à un feu rouge, pour une simple recherche de sac à main volé, montre que la justice se met presque toujours du côté des uniformes.

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