Tribune : pour les révolutionnaires, rarement le contexte n’a été aussi favorable !



En regardant les infos, en discutant avec nos collègues ou nos amis, on pourrait penser que tout va mal, que la période actuelle est une des plus sombres de l’histoire. Il y a sans doute du vrai là dedans : le chômage et la pauvreté augmentent, la pandémie de Covid-19 va aggraver une crise économique déjà bien présente, les guerres se multiplient, le changement climatique s’accélère… À première vue, il n’y a pas grand chose d’enthousiasmant là dedans. Et pourtant, lorsqu’on prend un peu de recul, on se rend compte que tous ces phénomènes terribles ne sont que des conséquences du pourrissement du système impérialiste. Ces désastres, que des milliards d’êtres humains subissent de plein fouet, sont donc des signes que nous devons analyser comme annonciateurs de lendemains meilleurs.

Les crises, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales ou même sanitaires, ne sont pas des évènements qui se produisent de manière hasardeuse. En effet, le système impérialiste implique un certain nombre de processus inévitables, et les crise en font partie. Alors, au fur et à mesure que nous avançons dans le temps, les conflits entre les grandes puissances impérialistes se font de plus en plus intense, le système capitaliste-impérialiste pourrie de l’intérieur, miné par ses contradictions internes. C’est cela qui entraîne des crises.

Si nous ne devions donner qu’un seul exemple pour illustrer les absurdes contradictions de ce système, ce serait sans doute les crises économiques qui se multiplient ces dernières décennies, et qui découlent d’une surproduction. En effet, dans le cadre du système capitaliste, les entreprises cherchent à produire toujours plus de marchandises tout en baissant les coûts de production afin de maximiser les profits. Ainsi, les crises surviennent tout naturellement lorsque les milliards de travailleurs de la planète, payés une misère par la bourgeoisie, se retrouvent dans l’impossibilité d’acheter suffisamment de marchandises. La bourgeoisie se retrouve alors avec de très nombreuses marchandises qu’elle n’arrive pas à écouler, faisant perdre des milliards à de nombreuses entreprises et créant ainsi une réaction en chaîne, c’est à dire une crise économique mondiale. Nous vivons donc dans un système économique où les besoins vitaux de milliards d’êtres humains ne sont pas satisfaits, et où pourtant les crises se produisent à cause d’une surproduction de marchandises.

Il s’agit là d’un signe évident de pourrissement de l’impérialisme. Et il ne pourrait pas en être autrement dans le cadre de ce système : c’est la concurrence entre les entreprises qui les pousse à produire toujours plus, c’est la recherche perpétuelle du profit, valeur cardinale du système capitaliste, qui fait que les entreprises cherchent par tous les moyens à baisser leurs coûts de production. En effet, comme nous l’enseigne Karl Marx, une marchandise a deux valeurs : une valeur d’usage, c’est à dire ce à quoi elle sert (pour un vélo, par exemple, à se déplacer) et une valeur d’échange, c’est à dire un temps de travail accumulé et échangeable. Dans le cadre du système capitaliste, la valeur d’usage, l’utilité des marchandises, n’est qu’un prétexte pour les vendre à leur valeur d’échange. Autrement dit, si une marchandise n’a aucune valeur d’usage mais qu’il est possible d’en vendre beaucoup à un prix intéressant, alors la bourgeoisie en fera produire en grande quantité. Cette prévalence de la valeur d’échange, cette concurrence féroce que se livrent les grandes entreprises, pousse les bourgeois à tout transformer en marché, à tout rendre payant, afin d’accumuler toujours plus de capital. Cela pousse également à la guerre entre les différentes puissances impérialistes, pour prendre le contrôle de toujours plus de territoires, afin d’en exploiter la population et les matières premières.

Le pourrissement de l’impérialisme pose les bases d’une situation pré-révolutionnaire !

Alors, on pourrait se dire que tout cela est horrible, bien-sûr, ça l’est, mais cela annonce surtout l’ouverture d’une période pré-révolutionnaire. Les révolutionnaires, comme nous à La Cause du Peuple, nous avons un boulevard devant nous, et ce partout à travers le monde.

Nous l’avons vu au cours des deux dernières années : les révoltes se sont multipliées aux quatre coins du globe, que ce soit dans les pays dominés ou sur le territoire des États impérialistes. France, Soudan, États-Unis, Haïti, Catalogne, Algérie, Liban, Libye, Irak, Iran, Colombie, Équateur, Chili, Biélorussie, Guatemala, Inde, Égypte, Thaïlande… Tous ces pays ont connu des mouvements de contestation de grande ampleur depuis 2018. Cela montre que les masses populaires se soulèvent contre les conséquences du pourrissement de l’impérialisme. Dans de nombreux États, les partis communistes se renforcent et mènent la guerre populaire prolongée ou se préparent à la lancer. En Inde et aux Philippines, les communistes, en guerre ouverte contre ces deux États réactionnaires, acquièrent de plus en plus d’expérience et se renforcent d’année en année. Au Brésil, en Équateur et dans d’autres pays, les partis communistes révolutionnaires (Soleil Rouge en Équateur et Fraction Rouge au Brésil) se préparent à initier la guerre populaire, se renforcent dans le feu de la lutte des classes et acquièrent en expérience au cours des nombreuses luttes qui se jouent dans ces pays.

Ainsi, le pourrissement du capitalisme-impérialisme, miné par ses contradictions internes qui éclatent au grand jour, en jetant des peuples entiers dans la misère, en accentuant le changement climatique, en créant guerres, chômage, famines et corruption, pousse toujours plus de gens dans les bras des révolutionnaires, pousse toujours plus de peuples à la révolte, et la résignation ambiante qui était dans beaucoup de pays la mentalité prédominante au sein du prolétariat a laissé la place à une envie de révolte. C’est le cas notamment au sein de l’État français, où les années 2010 – 2016 ont été des années de faible intensité de la lutte des classes, mais où, depuis 2016, les luttes se sont intensifiées, matérialisant une intensification très importante des contradictions de classe dont l’évènement le plus significatif a été, pour le moment, le mouvement des gilets jaunes.

Pour mettre à bas le capitalisme-impérialisme, les peuples ont besoin d’une stratégie révolutionnaire !

Bien-sûr, il ne suffit pas d’observer le pourrissement interne du système, il ne suffit pas de révoltes intenses mais sporadiques pour mettre à bas le système dans lequel on vit et le remplacer par un autre. Il faut une grille d’analyse du monde, des objectifs concrets et une stratégie révolutionnaire pour les atteindre. Cette grille d’analyse du monde, c’est le marxisme-léninisme-maoïsme, ces objectifs concrets, ce sont la prise de pouvoir, l’établissement du socialisme pour enfin avancer vers le communisme, et cette stratégie révolutionnaire, c’est la guerre populaire prolongée. Dans certains États, comme en Inde ou aux Philippines, les révolutionnaires en sont déjà à un stade avancé puisque la guerre populaire prolongée est déjà en cours. Au Brésil, cette guerre populaire prolongée n’est pas encore commencée, mais elle le sera probablement dans les années à venir. Dans bien d’autres États, comme ici au sein de l’État français, nous devons avant toute chose reconstituer le Parti Communiste, un vrai Parti Communiste, pas un Parti bourgeois repeint en rouge comme l’est devenu le Parti Communiste Français. En effet, il ne peut pas y avoir de révolution réussie sans authentique Parti Communiste révolutionnaire, assumant son rôle d’avant garde de la révolution, étant capable d’établir une stratégie et de la faire appliquer à une situation concrète.

Nous célébrons cette année les 100 ans de la création de la Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC), devenue Parti Communiste Français. Si ce Parti, à force de trahison de sa direction, à force de faiblesse des tenants de sa ligne révolutionnaire, est devenu un Parti bourgeois comme les autres, il était cependant jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale un authentique Parti révolutionnaire, qui faisait trembler la bourgeoisie de l’État impérialiste français. Le rôle des révolutionnaires aujourd’hui est donc de reconstituer le Parti Communiste de France. Non pas au sein du PCF institutionnel, qui est mort depuis bien longtemps, mais bien en dehors de lui, dans le feu de la lutte des classes, en lien étroit avec les masses populaires organisées au sein d’un Front Uni révolutionnaire.

Si les révolutionnaires sont capables de créer un tel Parti, d’appliquer la grille de lecture et la stratégie révolutionnaire établies par Marx, Lénine et Mao, alors ils seront inarrêtables, ils seront capables de mener les masses populaires à la révolution, et le vieil État français, comme tous les vieux États, ne seront pas en mesure de résister, même avec toute la répression du monde. En effet, si les États espèrent se maintenir en place par la répression, ils ne se rendent juste pas compte que celle-ci ne fait que retarder leur inévitable chute.

En 1845, Karl Marx écrivait « Les philosophes n’ont fait quinterpréter diversement le monde : il s’agit maintenant de le transformer. » Il semble aujourd’hui que cette citation n’a jamais été autant d’actualité.

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