Contre les épidémies : le socialisme

Contre les épidémies : le socialisme

Les épidemies touchent l’humanité de manière massive depuis la sédentarisation de celle-ci. Il est illusoire de penser qu’il existe des solutions miracles permettant un « risque zéro » épidémique. Toutefois, l’épidémie de covid-19 qui nous touche depuis un an n’est pas simplement le fruit du hasard. A Manaus, alors que la population avait atteint l’immunité collective en Septembre dernier, provoquant une énorme sur-mortalité (au minimum 3000 morts dans la ville selon les chiffres officiels, qui sous-estiment largement les décès liés au covid), une nouvelle vague épidémique touche la ville. Dans le monde, deux millions de morts sont recensés. Des millions d’autres sont oubliés, en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud… Même les Etats-Unis sous-estiment probablement de 20% leurs chiffres, selon des sources officielles. La vaccination qui ne touche que les pays impérialistes, ne protègera pas la population mondiale d’une épidémie endémique. Le virus mute régulièrement, ce qui rend impossible une protection définitive par les vaccins, si l’humanité entière n’est pas débarassée du virus. Et visiblement, rien n’est fait pour adapter la vie quotidienne à cette nouvelle réalité. En France, nous sortirons d’ici quelques mois du plus grave grâce aux vaccins, qui sont un des meilleurs remparts dont nous disposons. En effet, si certains doutent de la qualité du vaccin en pretextant que c’est fait « pour le pognon », il ne faut pas oublier que, dans le capitalisme, absolument tout est fait « pour le pognon », des légumes bios aux armes et que cela n’empêche pas que, pour les nécessités du commerce, certains produits puissent être de qualité. Malgré tout, l’épidemie risque de revenir dès les premières grosses variations du virus : le varriant sud-africain, par exemple, semble ne pas être géné par le vaccin de Pfizer.

Les gouvernements bourgeois tentent de maintenir le buisiness as usual, c’est-à-dire continuer à maintenir la liberté du commerce, la production et la consommation, sans tenter de réellement endiguer l’épidémie. On l’a bien vu dans l’Etat Français, où le gouvernement n’empêche pas les travailleurs de se contaminer les uns les autres et maintient ouverte les écoles. En fait, l’épidémie n’est combattue que dans la mesure où elle provoque l’incapacité des travailleurs à continuer leur activité. En effet, si toute la population tombe malade tous les six mois, au delà de la mortalité importante et des graves séquelles sur une partie de la population, de la saturation absolue des hopitaux, cela provoquera de régulières pénuries de main d’oeuvre. Dans les pays plus puissants, à l’impérialisme mieux organisé, les confienements sont plus réguliers, on sacrifie plus volontairement la production. Mais dans les pays dominés, on laisse simplement filler l’épidemie… Nous voyons bien que de graves épidémies, comme le SIDA, n’ont pas été combattues car elles ne gènaient, finalement, absolument pas la production capitaliste. De la même façon, les épidémies de grippe aviaire ne sont combattues que lorsqu’elles risquent de perturber la production de viande. Aucun gouvernement bourgeois ne pourra combattre l’épidémie en elle-même et encore moins ses causes: déforestation, contact entre animaux sauvages et humains, destruction des réservoirs de virus. L’impérialisme empêche la bonne santé des masses populaires dans les lieux où partent les zoonose, ce qui détruit une barrière de transmission. Enfin, l’élevage intensif met en contact, dans des conditions absolument barbares, des milliards d’être vivants, provoquant des mutations de virus et le risque très vif d’une transmission à l’homme. Le réchauffement climatique n’arrangera rien, avec le dégel du permafrost, qui libérera nécessairement des bactéries et virus qui se répandront dans les populations. Il faut, pour  contrecarrer cela, un gouvernement des masses populaires et ouvrières, un etat socialiste ; car aucun Etat capitaliste ne pourra combattre l’épidémie.

Dans les masses, on est globalement favorable aux confinements et aux mesures sanitaires ; ce qui gêne, ce sont les demi-mesures. Depuis un an, nous sommes restreints, notre quotidien est perturbé. Que ce soit une nécessité, certes. Mais, visibilement, le travail n’est pas restreint. Nous trimons encore au quotidien. Et ce n’est pas supportable. Nos enfants sont à l’école, les parents sont à l’usine, au chantier ou dans les dépôts, au bureau… Et lors du premier confinement, les masses étaient entassées dans les logements en famille,  rendant ce quotidien insupportable. Les initiatives de solidarité populaire ont été nombreuses mais insuffisantes et l’Etat, qui ne peut plus rien assumer, n’a pas été à la hauteur. Cela provoque le libéralisme dans la population. Après tout, à quoi bon faire attention ? Si cela devient trop grave, l’Etat nous confinera. On courbera l’échine et ça passera. Ce n’est évidemment pas suffisant. Face aux carrences de l’Etat, les révolutionnaires doivent organiser les masses populaires, comme le font, par exemple, les Jeunes Révolutionnaires ; imposer une nouvelle culture, développer les associations de quartier, combattre la solitude, organiser autrement les masses pour empêcher la circulation du virus tout en combattant les attaques de la bourgeoisie, toujours plus violente. Construire le pouvoir populaire en combattant les épidémies, qui tuent nos anciens, touchent gravement nos actifs et rend la vie difficille voir insuportable, c’est une nécessité. Mais la vie quotidienne pousse au libéralisme, comme les mesures incohérentes du gouvernement. Il n’y a aucune fierté, aujourd’hui, dans le fait de se tenir correctement, d’être droit, car tout est pourri, tout est corrompu par le capitalisme, par le quotidien. Seuls les révolutionnaires, organisés, avec une culture nouvelle, peuvent proposer autre chose, organiser les masses dans un sens positif. Et le peuple répondra avec ferveur, car tout le monde est à bout.

Enfin, il est évident que le problème principal vient du développement inégal de la société capitaliste. D’un côté, des états très riches, capable de vacciner à grande échelle. De l’autre, des états pillés, incapable de protéger leurs populations, où la misère pousse au défrichement, où les mesures sanitaires ne sont pas respectés, où naissent beacoup d’épidémies. Des pays ou des arrières pays pillés par l’impérialisme, où tout dévelopemment est impossible. Même dans les pays les plus riches, les restructurations du système de santé, la destruction de postes, la baisse des moyens, empêche une prise en charge correcte. Dans les pays opprimés, cette couverture de santé n’existe même pas. Le virus, circulant, ne fera que muter, risquant de deborder  les vaccins. Le commerce entre les pays dominés et les métropoles ne s’arrêtera pas, faisant toujours rentrer de nouveaux virus dans les pays où les masses sont vaccinés. Sans une coordination mondiale, il n’y a pas de lutte efficace contre la pandémie de covid-19. Mais comment penser à une coordination mondiale, quand les différents pays se préparent plus à la guerre qu’à la résolution de la crise sanitaire ? Seul le socialisme peut apporter la paix. Et c’est dans ce sens que combattent les masses populaires du monde.

Les gouvernements bourgeois ne pourront pas combattre l’épidémie de covid-19, qui, par sa nature même, risque de devenir endémique. La catastrophe de la gestion du covid-19 risque de se répeter avec la multiplication des épidémies, causés par la crise que traverse la biosphère, qui est une partie de la crise générale de notre système économique. Il n’y a pas trente-six solutions : il faut un gouvernement populaire, capable de mettre l’être humain avant le profit, de planifier la production, de prendre en compte l’initiative des masses populaires, de développer l’initative de celles-ci, de donner à tous et toutes les armes scientifiques pour participer à la démocratie ; de donner tous les moyens necesaires à la science et au secteur médical. Il faut un gouvernement capable de se coordonner à l’échelle mondiale, qui ne tend pas à la guerre mais à la paix. Aujourd’hui, la bourgeoisie impose sa dictature. Nous, la grande masse des travailleurs, des prolétaires, devons prendre le pouvoir, car les bourgeoisies continueront leurs attaques et leurs guerres, sans nous demander notre avis. Nous devons prendre le pouvoir et le défendre. Cela porte un nom : la dictature du prolétariat, qui elle seule permet le socialisme et la fin des guerres, de la misère et des grandes épidémies.

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