Au Texas, une vague de froid historique met en lumière les contradictions du système capitaliste

Au Texas, une vague de froid historique met en lumière les contradictions du système capitaliste

La semaine dernière, une vague de froid s’est abattue sur le Texas, au sud des États-Unis. L’État a été recouvert de neige et les températures sont descendues jusqu’à -18°, historique dans un État bien plus habitué aux fortes chaleurs. Cet événement, qui est probablement une conséquence du changement climatique découlant du mode de production capitaliste, a causé au moins 58 décès, et sûrement beaucoup plus. Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle car, comme le disent les militants révolutionnaires états-uniens, aucun désastre n’est naturel sous le capitalisme.

Le Texas n’est pas raccordé au système fédéral états-unien pour l’électricité, car l’État souhaite bénéficier d’une « indépendance énergétique ». La conséquence de cela est que, pendant la vague de froid, le réseau n’a pas tenu, et plus de 4,5 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité et n’ont donc pas pu se chauffer, causant de nombreux décès. Au plus fort de la vague de froid, la compagnie texane d’électricité (ERCOT) a massivement augmenté ses tarifs, plongeant encore plus dans la pauvreté des millions de personnes souhaitant se chauffer pour éviter de mourir d’hypothermie. En effet, les prix n’étant pas régulés et uniquement basés sur la demande, les tarifs d’électricité ont été multipliés par 180 durant cinq jours. De nombreux texans témoignent avoir reçu des factures d’électricité de plusieurs milliers de dollars, jusqu’à 17 000$ pour certains, alors que l’électricité était coupée de nombreuses heures chaque jour.

Un habitant du Texas témoigne sur Twitter avoir reçu une facture d’électricité de près de 1700$

Pendant que la population du Texas subissait de plein fouet la vague de froid, le sénateur de cet État, Ted Cruz, un proche de Donald Trump, est parti en vacances à Cancun, au Mexique, illustrant parfaitement l’expression « les rats quittent le navire ».

Dans le même temps, alors que des millions de personnes n’avaient plus d’électricité pour se chauffer, les usines continuaient à tourner, utilisant une grande quantité d’énergie. À Austin, une des plus grandes villes du Texas, l’énergie utilisée par les 10 plus gros consommateurs (usines en premier lieu, comme celle de Samsung par exemple), correspond à l’énergie nécessaire pour alimenter 12 000 foyers. Les immeubles de bureaux ont également continué à être alimentés en électricité, alors que la priorité aurait du être d’alimenter les maisons et appartements afin de permettre aux gens de se chauffer.

En cette période de vague de froid, les coupures d’électricité ne sont pas le seul problème auquel font face les texans. En effet, des millions de personnes n’ont plus accès à l’eau potable, car de nombreuses canalisations ont gelé ou explosé. Les supermarchés sont vides car de nombreuses routes sont enneigées ou verglacées, ce qui ne permet pas l’approvisionnement. À Austin, mêmes les hôpitaux manquent d’eau et de chauffage, un désastre en cette période de pandémie.

Il s’agit là de conséquences du système capitaliste, un système dans lequel le profit de quelques parasites bourgeois prime sur tout le reste, un système dans lequel la seule loi est celle du marché et donc celle du patronat, en témoignent les importantes hausses des tarifs d’électricité, en témoignent également les usines restées ouvertes au pic de la vague de froid comme de la crise du Covid-19.

Le fait qu’une telle crise puisse se produire aux États-Unis, première puissance impérialiste mondiale, montre bien la faillite du système capitaliste-impérialiste, un système parasitaire en fin de vie, qui ne permet même pas aux populations des pays impérialistes de vivre correctement. Alors que le changement climatique s’accélère du fait de la destruction de la planète causée par le mode d’organisation capitaliste de la production, il est de plus en plus évident que les catastrophes de ce type vont se multiplier dans les années à venir.

Face à ces catastrophes, nous ne pouvons en aucun cas compter sur l’État car il est au service de la classe au pouvoir, celle des capitalistes. Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, nous devons nous organiser pour faire vivre la solidarité et pour lutter. C’est notamment ce que font les militants révolutionnaires au Texas. À Austin, le Mouvement Populaire des Femmes (Popular Women’s Movement), une organisation révolutionnaire de femmes prolétaires, a mis en place une tente dans laquelle était distribuée gratuitement de l’eau et d’autres produits de première nécessité. Dans le même temps, les militants de Tribune of The People, un journal révolutionnaire états-unien, ont mené des actions pour dénoncer les crimes capitalistes et informer la population du fait que les responsables de ces désastres sont bien les bourgeois, et non les conditions climatiques. Les militants du mouvement uni de défense des quartiers (United Neighborhood Defense Movement), une organisation luttant pour de meilleures conditions de vie et de logement, ont également organisé la solidarité chaque jour de la vague de froid dans le quartier de Riverside, une zone populaire de la ville d’Austin. Les militants ont notamment distribué de la nourriture et trouvé des solutions temporaires pour garder les gens au chaud. Désormais, alors que la vague de froid est terminée, les militants organisent une collecte de fonds afin d’aider les habitants du quartier à réparer ce qui a été endommagé pendant cet épisode climatique. Par ailleurs, à Austin également, des tags avec écrit « aucun désastre n’est naturel sous le capitalisme » ont été aperçus en différents points de la ville.

Les militantes révolutionnaires du mouvement populaire des femmes (Popular Women’s Movemet) organisent la solidarité populaire.

Ces nombreuses actions de lutte et de solidarité menées par les révolutionnaires états-uniens sont une grande source d’inspiration. Elles nous montrent que seule la lutte paye, que seule la solidarité populaire sauve quand l’État capitaliste est incapable de nous fournir de bonnes conditions de vie, préférant privilégier les intérêts de la classe capitaliste au pouvoir.

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