Il y a 150 ans, la Commune : quand la classe ouvrière dirigeait Paris

Il y a 150 ans, la Commune : quand la classe ouvrière dirigeait Paris

À l’aube du 18 mars 1871, Paris fut réveillé par ce cri de tonnerre : « Vive la Commune ! » Qu’est-ce donc que la Commune, ce sphinx qui met l’entendement bourgeois à si dure épreuve ?

Les prolétaires de la capitale, disait le Comité central dans son manifeste du 18 mars, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques… Le prolétariat a compris qu’il était de son devoir impérieux et de son droit absolu de prendre en main ses destinées, et d’en assurer le triomphe en s’emparant du pouvoir. »

– Karl Marx, La Guerre Civile en France, 1871

Il y a 150 ans, le 18 mars 1871, la foule parisienne exécute deux hauts-gradés qui tentaient de récupérer les canons financés par les masses elles-mêmes dans la guerre contre la Prusse. C’est le début d’une insurrection. La foule, menée par les ouvriers socialistes et les républicains radicaux, fonce à l’Hôtel de ville. Des élections sont proclamées. La Commune est élue au suffrage universel masculin, avec 70% de votes pour les révolutionnaires. Les travailleurs parisiens gardent le souvenir des journées révolutionnaires de 1793, des émeutes populaires de la Révolution Française, des traditions des sans-culottes et des Jacobins (la « gauche » de la Révolution) mais aussi de la révolution de 1830, qui chasse la monarchie absolue, puis les « journées de Juin » de 1848, où les ouvriers au chômage avaient pris les armes pour établir la république sociale. En 1869-1870, les ouvriers parisiens avaient pris part à de grandes grèves pour les hausses des salaires. Depuis la fin des années 1860, l’agitation républicaine et socialiste se développait contre l’Empire. Dans toutes les révolutions, la classe ouvrière avait été au premier rang, et quand Paris était pris, alors la révolution triomphait.

29 mars 1871, la Commune de Paris est officiellement proclamée, 11 jours après l’insurrection

Paris est le centre politique de la France, le lieu où la classe ouvrière est la plus nombreuse. Elle conserve encore les organisations des artisans et une conscience de classe, une conscience d’être le « peuple travailleur », elle soutient avec ferveur la république. Pas la république bourgeoise, bien sûr, mais la république démocratique et sociale. Cette classe ouvrière est fortement patriote ; mais son patriotisme n’est pas chauvin. Le travailleur républicain est un citoyen, là où le grand bourgeois, le propriétaire du logement, le monarchiste, est lui un étranger. Le patriotisme républicain des parisiens est en fait une forme de conscience de classe. Le quartier général de la classe ouvrière, c’est l’Internationale. L’Association Internationale des Travailleurs, (AIT) compte entre 50 et 100 000 membres en France, principalement dans les grandes villes, dont Paris. La Commune répond à l’AIT, dirigée par Marx et Engels ; elle n’est qu’une partie de la révolution universelle. La commune est patriote, mais c’est une importation bourgeoise. Le patriotisme s’efface devant la réalité de la prise de pouvoir ouvrier : plusieurs « ministres » (qui ne portent pas ce titre) sont étrangers. Des Allemands sont à des postes de responsabilités. Des Polonais dirigent dans l’armée. Des féministes russes dirigent la plus grande organisation de femmes, l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés.

C’est la partie la plus stable (et non la plus pauvre, comme on pourrait le penser) de la classe ouvrière qui est à l’avant-garde : les ouvriers qualifiés de l’industrie, les tapissiers, les dessinateur sur étoffe – comme Eugène Pottier, les ferronniers, les serruriers… Beaucoup sont à la fois artisans indépendants et salariés, ce qui donne à la Commune un caractère contradictoire : elle défend la propriété… tout en s’y attaquant ! Car les hommes et les femmes qui la font sont la classe ouvrière. Derrière cette classe ouvrière révolutionnaire, consciente, républicaine et socialiste, on trouve les prolétaires moins qualifiés : ouvriers du bâtiment, hommes et femmes de chambres, mais aussi la petite-bourgeoisie salariée. La classe ouvrière, dans le processus révolutionnaire, c’est l’ensemble des ouvriers conscients, organisés, qui entrainent à la fois les autres ouvriers mais aussi les autres classes populaires. La Commune entraine avec elle le prolétariat, mais aussi les artisans, les intellectuels – de nombreux journalistes participent à la direction de la Commune -, les soldats…

Les classes populaires et la gauche espèrent en faire une lutte pour l’instauration de la république universelle, démocratique et sociale, en lien avec les prolétaires d’Allemagne. L’AIT appelle à fraterniser avec les ouvriers allemands : « La guerre est-elle juste ? La guerre est-elle nationale ? Non ! Elle est purement dynastique. Au nom de l’humanité, de la démocratie et des vrais intérêts de la France, nous adhérons complètement et énergiquement à la protestation de l’Internationale contre la guerre ! » ce à quoi répondent les ouvriers d’Allemagne : « Au nom de la démocratie allemande, et spécialement des ouvriers du Parti social-démocrate, nous déclarons que la guerre actuelle est exclusivement dynastique… Nous sommes heureux de saisir la main fraternelle que nous tendent les ouvriers de France. Attentifs au mot d’ordre de l’Association Internationale des Travailleurs : Prolétaires de tous les pays unissez- vous ! Nous n’oublierons jamais que les ouvriers de tous les pays sont nos amis et les despotes de tous les pays, nos ennemis ». La Garde Nationale, une très vielle institution, doit se charger de défendre Paris. Bien que réticent, le gouvernement accepte l’armement de toute la population masculine de la ville ; ouvriers comme bourgeois. En septembre 1860, elle compte 60 bataillons contre 254 le mois suivant. Le siège de Paris forge la population dans la guerre. Dès le 18 mars, la Fédération de la Garde Nationale devient l’organe dirigeant de Paris. Les membres sont aussi nommés « les fédérés ». Entre le 3 et le 15 mars 1871, les délégués des bataillons de la Garde Nationale élisent un comité central à forte majorité d’extrême- gauche. Cette extrême-gauche a déjà l’idée, en germe, selon les principes de l’AIT, de retourner la guerre en guerre civile contre la bourgeoisie.

Lors du siège de Paris, ceux qui n’étaient pas retenus par leur travail fuient la ville petit à petit, puis, lors de l’insurection, un nouveau mouvement a lieu. La petite et la moyenne-bourgeoisie restée sur place ne sont pas très enthousiastes à l’idée de se battre pour la Commune. Les ouvriers forment la majorité des soldats- citoyens, avec à leurs côtés les artisans et les soldats de métier : « Le premier décret de la Commune fut […] la suppression de l’armée permanente, et son remplacement par le peuple en armes. » C’est la leçon principale que tire Karl Marx de l’insurrection.

Une communarde défend une barricade, Paris, 1871

La fédération est réorganisée par quartiers : chaque bataillon, chaque corps d’armée, a donc une couleur politique propre à sa localité. Le bataillon devient la cellule de base de la nouvelle société. Les hommes en armes, mais aussi quelques femmes, armées également mais souvent cantonnées à des rôles de cantinières ou d’infirmières, y débattent, y élisent leurs officiers, y lisent les journaux. La Garde Nationale, dans un contexte de très fort chômage, est aussi le moyen de survivre ; elle offre « 30 sous » à chaque engagé. Les ouvriers, mis devant le fait accompli, conscient de leur classe et de leur rôle, ne fuient pas la situation, alors même que la situation est très difficille et que la défaite semble une évidence pour la plupart des Communards, alors que Paris est isolé. Comme le dit Lénine dans l’État et la Révolution : « En mars 1871, la bataille décisive fut imposée aux ouvriers et, ceux-ci l’ayant acceptée, l’insurrection devint un fait.»

La Commune n’est pas une révolte de la misère, pour le pain et pour l’arrêt de la guerre ; c’est au contraire une révolte contre l’armistice, contre la défaite de la République, pour un projet avant tout politique. La classe ouvrière parisienne, du moins sa fraction qui dirige la révolte, est relativement aisée, très qualifiée, formée. Une partie sait même lire, chose remarquable à l’époque. C’est presque automatique ; animée d’un projet politique, organisée, consciente d’elle- même, armée, la classe ouvrière se met en mouvement et entraîne les masses populaires derrière elle. Chaque nouvelle révolte le prouve ; l’étincelle est ce qui permet à tous et toutes de se rassembler. Mais cette organisation manque, quand elle est spontanée, de cadres, d’expérience, d’endurance.

Malgré tout, la classe ouvrière a pris les choses en main. « Dans le dernier chapitre de mon 18-Brumaire, je remarque, comme tu le verras si tu le relis, écrivait Marx à un révolutionnaire Allemand, que la prochaine tentative de la révolution en France devra consister non plus à faire passer la machine bureaucratique et militaire en d’autres mains, comme ce fut le cas jusqu’ici, mais à la briser. C’est la condition première de toute révolution véritablement populaire sur le continent. C’est aussi ce qu’ont tenté nos héroïques camarades de Paris » L’idée de Marx est que la classe ouvrière doit briser, démolir la « machine de l’Etat toute prête », et ne pas se borner à en prendre possession. Les ouvriers ne « prennent » pas l’État pour mettre « leurs » politiciens et « leurs » fonctionnaires à sa tête, mais modifient son fonctionnement, son organisation, l’objectif même de son existence : protéger le pouvoir populaire, exercer le pouvoir des travailleurs menés par la classe ouvrière, détruire l’exploitation sous toutes ses formes.

La Commune a pris des mesures comme l’abolition de l’armée permanente (dirigée par la bourgeoisie) au profit d’une armée populaire, mais aussi l’abolition de la police (c’est le peuple lui-même et ses officiers élus qui maintiennent l’ordre) et la fin du pouvoir de l’Église. Pour assurer le pouvoir ouvrier, les fonctionnaires, les élus, sont majoritairement des ouvriers ; ils sont révocables à tout moment. Leur salaire, généralement, ne dépasse pas le salaire d’un ouvrier qualifié, même s’il peut atteindre le double ou le triple, selon l’historien Jacques Rougerie. Beaucoup d’admirateurs de la Commune critiquent l’URSS qui a fait de même, oubliant que, lors des révolutions, des concessions doivent être faites pour conserver des individus bourgeois dont la qualification rend la présence temporairement indispensable. Mais on ne fait plus de la politique pour le prestige, d’autant que les risques sont très importants.

Des tentatives sont faites dans le domaine de l’éducation. Sous l’ordre de l’État, organisés par celui-ci, sont mises en place des coopératives, où les ouvriers et ouvrières se coordonnent pour produire le nécessaire pour la population et l’effort de guerre, et non plus pour le profit des patrons. Les femmes en particulier peuvent s’investir dans la production à travers l’Union des Femmes. Cette union, révolutionnaire et socialiste, assure la subsistance aux ouvrières par le travail, assure l’indépendance des femmes, mais aussi l’élevation politique de ces dernières. Le travail de nuit, considéré comme contraire aux intérêts ouvriers, est aboli. Mais la lutte des classes ne s’arrête pas ; les clubs, les corporations ouvrières, continuent à lutter, parfois avec, mais parfois contre le gouvernement, exactement comme lors de la Révolution Culturelle en Chine Populaire.

La Commune ne peut pas aller plus loin, elle n’en a pas le temps, mais ces mesures indiquent la direction prise par un gouvernement ouvrier. Engels, le camarade de Marx, explique que pour se représenter ce qu’est la dictature du prolétariat, il faut regarder la Commune. Des ouvriers et des ouvrières, des hommes et des femmes du peuple, exercent pour la première fois le pouvoir et les gens qui exercent le pouvoir doivent rendre des comptes !

Marx, Engels puis Lénine et Staline ont, dans leurs analyses de la Commune, principalement insisté sur cet aspect. Sans longue lutte prolongée dirigée par un organe dirigeant, la classe ouvrière a manqué d’un instrument : son parti politique. Une longue expérience de lutte, synthétisée par un organisme dirigeant, permet de prendre les bonnes décisions au bon moment, en lançant les bons mots d’ordre qui vont être acceptés par les masses, et soutenues par elle, en fonction d’un certain nombre de facteurs. La plupart des choses ont été laissées au spontanéisme des masses, même si cela tendait à s’organiser avec le temps qui passait. De grandes questions, comme la question des paysans, ou encore la question des femmes, opprimées au foyer et représentant 50% de la population, ont été laissées de côté par la politique de la Commune. Cela n’a pas empêché les femmes de s’organiser, en particulier autour du travail et des revendications économiques (à travail égal, salaire égal !), pour la possibilité de s’armer, mais aussi, plus rarement, autour de revendications politiques.

Lors de la Commune, il n’y a aucun groupe qui a cette capacité de direction manquante. Le dirigeant ouvrier le plus capable, Blanqui, est en prison. La plupart des grands dirigeants ouvriers sont républicains et ne veulent pas se couper de la toute nouvelle république de Versailles et ne se mouillent pas dans la direction de la Commune. La petite- bourgeoisie et la bourgeoisie radicale prennent une part dans la Commune et influencent les masses. Cette influence existe au travers d’individus, comme nous l’explique Marx : « Dans toutes les révolutions, aux côtés des vrais révolutionnaires, des hommes d’une autre nature figurent. Certains d’entre eux, survivants des révolutions passées, qui conservent leur dévouement, sans vision du mouvement actuel ; mais possédant néanmoins leur influence sur le peuple, par leur honnêteté et leur bravoure reconnues, ou simplement par la force de la tradition ; d’autres, de simples charlatans qui, à force de répéter année après année les mêmes déclarations stéréotypées contre le gouvernement de l’époque, ont obtenu par la contrebande une réputation de révolutionnaires de pure souche. Après le 18 mars, ces hommes sont également remontés à la surface et, dans certains cas, ont réussi à jouer des rôles importants. Dans la mesure où leur pouvoir leur permettait de le faire, ils ont entravé l’action réelle de la classe ouvrière, tout comme d’autres de leur espèce ont entravé le développement de toutes les révolutions précédentes. »

Cela affecte le programme de la commune ; l’économie n’est pas socialisée, mais, au contraire, la défense de la propriété privé est affirmée. L’économie reste sous contrôle de la bourgeoisie, même si le prolétariat en armes commence à transformer les choses ; la prise de conscience est trop lente et la Commune ne dure que deux mois… L’absence d’un Parti capable de faire prendre conscience aux masses et de les diriger dans la bonne direction, des masses n’ayant pas d’expérience de direction d’un État révolutionnaire, ont été des éléments fatals. Lors de la première révolution prolétarienne, seuls les modèles théoriques peuvent faire gagner du temps, mais il n’y en avait pas. Comme lors des grandes révoltes récentes en France, 2005, 2006, 2016- 2017 ou 2018-2019, il n’y avait pas de direction politique et de cadres ouvriers capables de diriger politiquement (ce qui veut dire : donner les bonnes idées, trouver du monde pour les mettre en pratique, faire prendre de l’expérience à l’immense masse). Ces mouvements n’ont pas pu aller plus loin, poussés seulement par l’énergie de la colère et de la haine de classe.

Novembre 2005, la jeunesse prolétarienne des banlieues françaises se révolte pendant plusieurs semaines

C’est probablement ce qui a manqué à la Commune. Une expérience significative dans la lutte révolutionnaire. On trouve de vieux briscards de la révolution, ayant connu 1848 où même 1830, des étrangers, des nationalistes polonais par exemple, avec l’expérience de la révolution de 1863. Mais l’expérience militaire des Communards se limite au siège de Versailles, et l’expérience révolutionnaire aux mythes de la Révolution Française. Si tout a toujours réussi à la Révolution, pourquoi s’embarasser de stratégie ? Le 4 avril, 30 à 40 000 Parisiens sortent vers Versailles, où siège le gouvernement réactionnaire. Ils sont facilement repoussés malgré leur héroïsme et leur bravoure. Au Vietnam, par exemple, il aura fallu 20 ans de guerre révolutionnaire pour faire tomber l’impérialisme. Le peuple Vietnamien s’est forgé dans la lutte. La Révolution Russe a forgé ses cadres dans une lutte de partisans prolongée de 1905 à 1917, puis pendant la guerre civile. Les Communards n’ont pas eu le temps et l’ont payé chèrement. Leur isolement ne leur a pas permis d’acquérir l’expérience nécessaire. Pourtant, selon l’historien Robert Tombs, au regard de la révolution Russe ou de la guerre civile antifasciste en Espagne, les « fédérés », malgré des débordements, ont été un modèle d’auto-discipline.

Ce petit prolétariat a été d’une bravoure hors normes. La crise révolutionnaire le rend à la fois majoritaire et armé dans Paris, mais la France reste un pays majoritairement rural. Le réseau de cadres de l’AIT se limite aux grandes villes ouvrières et celles- ci sont facilement réprimées, en particulier à cause de l’absence de direction. Mais surtout, l’immense majorité de la population est républicaine, petite-bourgeoise : c’est l’immense masse des paysans, favorables à l’Empire ou à la République des Versaillais. Malgré l’influence politique de la petite-bourgeoisie, malgré l’isolement, malgré la faiblesse numérique, le petit prolétariat Français, concentré à Paris, s’est soulevé et est « parti à l’assaut du ciel ».

Lénine nous apprend « [qu’on savait] que, quelques mois avant la Commune, au cours de l’automne 1870, Marx avait adressé une mise en garde aux ouvriers parisiens, s’attachant à leur démontrer que toute tentative de renverser le gouvernement serait une sottise inspirée par le désespoir. Mais lorsque, en mars 1871, la bataille décisive fut imposée aux ouvriers et que, ceux-ci l’ayant acceptée, l’insurrection devint un fait, Marx, en dépit des conditions défavorables, salua avec le plus vif enthousiasme la révolution prolétarienne. » En fait, Marx était peut être trop pessimiste. La Révolution Russe et la Révolution Chinoise ont prouvé qu’avec une politique juste, le prolétariat peut gagner même lorsqu’il est peu nombreux.

Ce que nous apprend principalement la Commune, c’est que la classe ouvrière peut imposer son pouvoir par la force et que quand elle le fait, elle transforme complètement la société. La classe ouvrière n’attend pas que les « conditions objectives » soient réunies, elle combat avec bravoure dès que l’occasion se présente. Elle part à l’assaut du ciel avec enthousiasme et les multiples défaites n’y font rien : « luttons jusqu’à la victoire ! ». La Commune pouvait-elle vaincre ? Difficile à dire. Mais jamais la classe ouvrière ne se résigne ; elle trouve toujours des formes de lutte quand les conditions se présentent ; c’est-à-dire quand elle s’organise pour le faire.

Pour les masses travailleuses parisiennes, le traumatisme de la défaite, les dizaines de milliers de fusillés, la mer de sang causée par la contre-révolution Versaillaise n’ont pas effacé le souvenir d’un moment qui a été le plus beau de leur vie.

21 – 28 mars 1871 : la bourgeoisie française, retranchée à Versailles, mène une offensive sur Paris pour écraser la Commune. Plus de 20 000 communards seront massacrés au cours de ce qui sera plus tard appelé la “semaine sanglante”.


C’est ce que rappellent ces vers de la chanson de Jean Baptiste Clément,
Le Temps des cerises :

« J’aimerai toujours le temps des cerises

C’est de ce temps-là que je garde au coeur

Une plaie ouverte

Et Dame Fortune, en m’étant offerte

Ne saura jamais calmer ma douleur

J’aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au coeur »

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