Les 100 000 morts, le darwinisme social et les faux rebelles.

Les 100 000 morts, le darwinisme social et les faux rebelles.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19 en France, plus de 100 000 personnes ont perdu la vie à cause du virus. Tout cela, malgré un confinement très dur en mars 2020, puis des restrictions importantes limitant les contaminations : fermeture de bars, de restaurants et de magasins… les personnes les plus fragiles se protégeant et évitant les contacts. Les confinements ont permis une baisse énorme du nombre de morts : accidents, travail, pollution… Pourtant, la mortalité a déjà augmenté en 2020 de près de 10 %. Et ces chiffres ne comptent évidemment pas les séquelles lourdes de la maladie.

Au Brésil, où aucune mesure n’a été prise, 350 000 personnes sont déjà officiellement mortes. Mais ces statistiques ne comptent que les décès à l’hôpital. Or, dans les campagnes ou les bidonvilles, les gens ne meurent pas à l’hôpital. Les natifs de l’Amazonie ne meurent pas non plus dans les hôpitaux. Le nombre de morts est incalculablement plus important que les chiffres officiels. Et des variants toujours plus dangereux émergent. Pour des pays comme l’Inde, le Bangladesh ou l’Afghanistan, cette réalité est encore plus forte.

Pourtant, malgré cette réalité, l’État français a refusé les mesures dures et la protection des plus fragiles. L’intérêt économique a primé. Nous avons eu « de la chance » que l’épidémie ne soit pas plus mortelle ; mais il aurait suffi d’une mutation pour rendre catastrophique cette stratégie. Pourtant, on entend toujours des inepties, comme le docteur Didier Raoult qui dit, dans les colonnes du journal réactionnaire Le Point  : « 88 % des gens qui sont morts du Covid-19 au CHU de Marseille avaient une espérance de vie qui était inférieure à un an ». Ce chiffre est évidemment trompeur. Cela ne veut pas dire que les personnes seraient « de toute façon mortes dans l’année », mais qu’elles avaient dépassé l’espérance de vie. Ce qui est le cas de nombreuses personnes actives socialement, en pleine forme physiquement, et qui comptent pour leurs proches.

Voilà la réalité de la mentalité bourgeoise, infiltrée dans toute la société. Les personnes fragiles ne comptent pas. Toute personne improductive ou fragile (ce qui est le cas de nombreuses personnes productives par ailleurs) peut être sacrifiée sur l’autel du profit et des « libertés individuelles ». L’extrême gauche, de Révolution Permanente ou Cerveaux Non Disponibles, proclame la même « dictature sanitaire » que le Rassemblement National, alors même que les mesures sont très légères. Peu importe à la petite bourgeoisie, jeune et étincelante de santé grâce à une vie facile, que des personnes meurent ; elle n’est pas directement touchée. Elle veut faire la fête. On nous apprend que, dans une ville prolétarienne comme Drancy, 20 parents sont morts dans un seul lycée.

Le darwinisme social fait partie intégrante de l’idéologie bourgeoise. Empêcher les gens de mourir massivement est une obligation pour maintenir l’économie et éviter l’effondrement, comme on le voit au Brésil et comme on le verra très prochainement en Inde. Pourtant, nombreux sont ceux qui écoutent les paroles de « rebelles », qui prétendent que les vaccins sont un complot, que le confinement est un outil dictatorial. Ces gens-là ne comprennent rien à l’économie et à la vie en société. Ils se présentent comme « antisystème », alors qu’ils ne font que défendre l’idéologie bourgeoise, quitte à se mettre eux-mêmes en danger.

L’État français est en crise, il recule sans cesse. Ses cadres sont d’un niveau politique et culturel toujours plus affligeant. La société française s’effondre culturellement. La bourgeoisie et la petite bourgeoisie portent une culture régressive, une culture de mort, une culture fasciste. L’État n’en est pas à ce point-là, mais devient toujours plus réactionnaire. Prétendre que cette culture décadente est antisystème, ce n’est pas être révolutionnaire : c’est soutenir la tendance au fascisme, c’est se mettre du côté du système.

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