Le 8 mai et la Guerre d’Algérie

Le 8 mai et la Guerre d’Algérie

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazi capitule. Débordée par les forces soviétiques, les forces de partisan partout en Europe et les Alliés à l’ouest, les forces fascistes sont vaincues par les forces antifascistes. Pour fêter la victoire antifasciste, des défilés sont organisés dans toute l’Algérie, dans la continuité des défilés du premier mai. Bouzid Sâal, un scout Algérien, porte haut le drapeau Algérien à Sétif : la troupe l’abat. C’est le début d’un énorme massacre, qui fera des dizaines de milliers de morts (probablement 20 000 morts, quasi-totalement Algériens). Les nationalistes Algériens sont traqués dans toutes les villes, particulièrement Setif, Guelma et Kherrata. Le jour de la victoire de la démocratie libérale sur le fascisme, l’impérialisme montre son visage.

Depuis les années 1920, la lutte de libération nationale en Algérie a pris un tournant populaire. L’Internationale Communiste fonde l’Etoile Nord-Africaine, dirigée par Messali Hadj, en 1926. L’Etoile s’éloigne des principes de l’Internationale à cause de l’opportunisme de son dirigeant, mais synthétise la volonté populaire d’indépendance. Interdite en 1937, elle est remplacée par le Parti Populaire Algérien. En septembre 1939, il est interdit, en même temps que le PCF en métropole.

Entre 1940 et 1945, les masses Algériennes comprennent que la France n’est pas invincible. Le 1er mai 1945, le PPA, pourtant interdit, appelle à manifester. Au moins 20 000 personnes répondent à l’appel à Alger. Les manifestations continuent jusqu’au 8 mai, preuve de l’implantation des idées nationalistes dans les masses populaires en Algérie. Le PPA se préparait, lui, à l’éventualité d’une insurrection depuis plusieurs mois. L’appel du premier mai est entendu bien au delà des espérances. Le 8 mai, de nouveaux rassemblements sont organisés. Malgré la violence de la répression, la volonté des masses est tellement forte qu’elle entraîne une importante lutte au sein du PPA, entre ceux qui veulent continuer à construire l’hégémonie et ceux qui veulent passer à la lutte armée. Les images de villageois fauchés indistinctement à la mitraillette restent dans toutes les mémoires.

C’est de cette volonté d’indépendance que les leader les plus décidés, comme Aït Ahmed, qui est encore lycée, tirent la volonté de fonder l’Organisation Spéciale, où se formeront les cadres du futur FLN. C’est de cette OS, par la suite dissoute par les Messalistes, que se construira la direction historique du Front de Libération Nationale. Cette direction, très minoritaire, mettra seulement deux ans à imposer son hégémonie sur l’Algérie, forte de la volonté profonde d’indépendance des masses Algérienne. Sans compréhension de l’idéologie révolutionnaire, le FLN va se déchirer et s’effondrer, dans les luttes entre chefs de secteurs (les six willaya, la septième willaya en France et l’Armée des Frontières stationnée en Tunisie et au Maroc). Il gagnera l’indépendance mais capitulera devant les conditions de la France, qui peut maintenir sa domination économique, en particulier sur les gisements de pétrole du Sahara.

Aucun massacre n’empêchera la libération des peuples du monde. Le massacre qui a eu lieu à Sétif n’a fait qu’amplifier la colère des masses populaires Algérienne. Il n’a fallu que quelques mois au FLN, minorité issue du Parti Populaire Algérien, pour s’implanter dans le Constantinois. En août 1955, une insurrection générale a lieu dans le Constantinois. L’armée coloniale reproduit les massacres, poussant les masses Algériennes dans la lutte de libération nationale et la révolution. Aujourd’hui encore, là où il y a oppression, il y a résistance. Depuis deux ans, le Hirak réclame le départ des dirigeants corrompus et de l’impérialisme Français ; l’Histoire lui donnera raison.

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