François Fillon nommé au Conseil d’Administration d’une entreprise russe

François Fillon nommé au Conseil d’Administration d’une entreprise russe

Cela avait déjà été annoncé publiquement au mois de juin, et c’est officiel depuis le 3 juillet : François Fillon, ex-candidat à la présidentielle française et premier ministre, rejoint le conseil d’administration de la société publique russe Zaroubejneft. Cette entreprise est spécialisée dans l’extraction d’hydrocarbures à l’étranger pour le compte de la Russie.

Cette nomination nous pose deux questions.

Premièrement, qu’en est-il de la justice en France ? François Fillon a été condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes, ainsi qu’à une amende de 375 000€, dans « l’affaire » d’emplois fictifs qui concernait son épouse, Pénélope. Ce scandale avait explosé peu avant la présidentielle de 2017 et avait mis du plomb dans l’aile à Fillon, qui était passé de favori des sondages à troisième candidat, avec 20 % des voix.

Alors, s’il est condamné à plusieurs années de prison, pourquoi n’y est-il pas aujourd’hui ? Pourquoi le voit-on parader en Russie ? Lorsque des prolétaires sont condamnés à plusieurs années de prison en France, ils se retrouvent mis derrière les barreaux, même s’ils font appel, comme Fillon l’a fait. Qu’est-ce qui est différent dans ce cas ? Eh bien, Fillon est un grand bourgeois, et en quittant la politique, il n’a pas quitté la bourgeoisie. Deux poids, deux mesures. Fillon a commencé une activité de conseil, qu’il a orienté vers l’étranger, et notamment la Russie. Cette « reconversion » hors de la politique lui permet, en plus de s’enrichir, d’échapper à un durcissement contre lui de la justice française en ayant une nouvelle vie ailleurs. Mais au-delà de la Russie, la justice bourgeoise française s’est montrée particulièrement laxiste et permissive à l’encontre d’un criminel pourri, qui a détourné des millions d’argent public pour son compte personnel. Cela nous rappelle l’affaire Cahuzac, où le ministre du budget, condamné pour fraude fiscale à deux ans ferme, n’avait finalement pas été en prison.

Deuxièmement, qu’est-ce que cela veut dire lorsqu’un ancien premier ministre français rejoint une entreprise détenue à 100 % par l’État russe, qui s’oppose régulièrement aux intérêts de l’impérialisme français ?

François Fillon n’est pas le premier « transfuge ». Certains bourgeois, notamment dans la politique, se vendent au plus offrant une fois leur carrière terminée. Ainsi, Karin Kneissl, ex-ministre des affaires étrangères autrichienne, ou Gerhard Schröder, ancien chancelier allemand, ont eux aussi rejoint des entreprises russes. Cela fait également partie d’une stratégie russe pour s’attirer les sympathies et faveurs d’une partie de la bourgeoisie des pays ouest-européens, et porter des projets favorables aux intérêts de l’impérialisme russe. Dans cette perspective, François Fillon est une belle prise pour l’État russe. Pour le reste de la population, ce déni de justice sent le poisson pourri.

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