Pandora Papers : la corruption généralisée au grand jour

Pandora Papers : la corruption généralisée au grand jour

C’est l’affaire médiatique de ces derniers jours : des millions de documents venant de paradis fiscaux et de sociétés financières étudiés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), déjà responsable des Panama Papers et des Paradise Papers en 2016 et 2017. A travers cette enquête, les journaliste ont démasqué les pratiques de centaines de personnalités, avant tout des politiciens, des milliardaires et autres représentants de la bourgeoisie à travers le monde. 35 dirigeants, 336 responsables politiques, plus de 100 milliardaires issus de 91 pays : voilà le bilan de la « belle prise » que sont les Pandora Papers.

Voilà ce qu’ils révèlent : tous ces gens ont bénéficié de sociétés écrans et de comptes offshores afin de faire de « l’optimisation fiscale », c’est-à-dire abriter leur argent loin des regards des impôts de leurs pays ou des pays où ils opèrent.

Ces montages n’ont rien de surprenant à notre époque, celle du capital financier pleinement développé : l’impérialisme. Ouvrir une société offshore est très simple, il suffit d’une boîte aux lettres au Panama et le tour est joué ! Abdallah II, roi de Jordanie, est épinglé dans les Pandora Papers pour avoir profité de 36 sociétés écrans afin d’acheter pour 106 millions de dollars de villas luxueuse. Bien sûr, il n’a pas géré cela tout seul, il a été aidé par toute une batterie de conseillers, de gestionnaires, de comptables et d’avocats. Pour ceux qui possèdent le capital suffisant, les mouvements d’argent sont simples comme un claquement de doigts, et il est bien souvent moins cher de payer un spécialiste des montages financiers plutôt que de payer ses impôts.

Qui est incriminé ?

Il est intéressant de noter que les liens entre la plupart des personnalités épinglées et les puissances impérialistes. Ali Bongo, Président du Gabon, par exemple, a profité de sociétés aux îles Vierges britanniques. C’est un archipel du Royaume-Uni spécialisé dans l’attraction des bourgeois du monde entier pour raisons fiscales. Il n’est pas le seul, le Premier ministre des Émirats Arabes Unis, lui aussi très lié au Royaume-Uni, en a fait de même, ainsi que le Président du Kenya. Pour Guillermo Lasso, Président de l’Équateur, c’est au Dakota du Sud qu’il faut chercher des trusts secrets, c’est-à-dire directement aux États-Unis !

Liban, Congo, Côte d’Ivoire, et même le président ukrainien soi-disant « anti-corruption », de nombreux dirigeants de pays opprimés sont épinglés dans cette enquête. Ce n’est pas étonnant : les bourgeois de ces pays vident leur terre des capitaux en profitant d’un grand enrichissement personnel. Ils investissent dans des propriétés en Europe ou aux États-Unis pendant que leur peuple vit la misère économique, sociale, sanitaire…

Mais n’allons pas croire que les impérialistes sont innocents là-dedans ! Au contraire, ils s’enrichissent énormément dans ce processus. Tous les cabinets qui conseillent ces richissimes clients sont dans les grandes métropoles impérialistes : Paris, New York, Londres, Zurich, Francfort… Ils ne sont pas non plus en reste : Tony Blair (ex-premier ministre britannique) a été cité dans les Pandora Papers. Mais citons aussi un ministre néerlandais, Guy Forget, patron de Roland-Garros, ou Dominique Strauss-Kahn. De plus, il suffit de voir les noms qui reviennent souvent dans cette enquête : Monaco, le Panama, les îles Vierges britanniques… Qui détient le capital dans ces petits États ? Qui les laisse pratiquer ces politiques fiscales si « avantageuses » pour la bourgeoisie ? C’est la bourgeoisie elle-même, les impérialistes français, britanniques ou encore américains en tête ! Rappelons que Joe Biden a longtemps été sénateur du Delaware, considéré également comme un paradis fiscal.

Qu’en conclure ?

Les Pandora Papers révèlent un système de corruption généralisée. Certains milliardaires se défendent déjà : « Ce que j’ai fait était tout à fait légal ! ». Oui, c’est pour cela que la corruption est systématique, en plus d’être générale. Les Pandora Papers ne font que donner du poids à l’argument révolutionnaire que l’intégralité du système impérialiste est à abattre.

Ne nous faisons pas d’illusion, comme après les Panama Papers ou les autres enquêtes de l’ICIJ, les répercussions seront minimes. Il est possible que quelques dirigeants se fassent attaquer dans leur pays pour cela, et que leur carrière en prenne un coup. Mais prenons l’exemple de DSK. Il a déjà échappé à la prison pour viol et il n’a rien subi pour ses arnaques en Afrique. On se doute bien qu’il n’a pas très peur de ces Pandora Papers. Ces affaires médiatiques n’ont pas le pouvoir de causer de réels changements, elles sont d’ailleurs systématiquement passées sous le tapis après quelques semaines. Mais leurs révélations nous rappellent la situation : des milliards de paysans et de prolétaires vivent dans la misère et voient leurs conditions s’aggraver, pendant que les bourgeois de tous les pays se battent pour leur part du gâteau. Prenons le pari que cette situation n’est pas tenable, et qu’elle lance un appel pour les masses de tous les pays.

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