Environnement : la politique bourgeoise ressort ses habits verts

Environnement : la politique bourgeoise ressort ses habits verts

Ils ont bien compris que le sujet de l’environnement était dans toutes les têtes : de Mélenchon à Zemmour, de Macron à Le Pen, tous nous parlent aujourd’hui de « sauver la planète » dans leurs interventions. Entre « écologie radicale », « pragmatique », « de droite » et autres variations de la même soupe, ils essaient de se vendre comme le plus vert, la plus écolo… afin de capter les voix aux prochaines élections.

Mais qu’en est-il réellement ? Qu’ont fait tous ces politiciens bourgeois ces dernières années qui devraient nous donner la moindre confiance en eux pour régler le problème de la crise environnementale ? Rien, absolument rien, c’est même le contraire. Nous allons voir dans cet article pour quelle raison le prolétariat et les masses n’ont rien à attendre de la façade « verte » de la politique bourgeoise.

Macron, un menteur pendant 5 ans

Selon le chef de l’État français : « L’écologie est le combat du siècle. ». Eh bien, on sait de quel côté est le président français dans ce combat ! Et ce n’est pas celui de l’environnement. Pourtant, il y a eu beaucoup d’effets de communication lors de son mandat. On peut citer l’attaque sur Trump « Make our planet great again », ou encore ses récentes prises de position sur le réchauffement climatique. Ainsi, en septembre, Macron a tweeté : « +2,7 °C à horizon 2100. Ce scénario est dramatique. ».

Mais examinons plutôt son mandat pour voir si ses paroles sont en accord avec ses actes. Le site Reporterre liste 169 mesures prises par Macron depuis son élection, et déclare que 89, soit plus de la moitié, sont négatives pour l’environnement. Que ça soit sur l’agriculture, la biodiversité ou le climat, l’action réelle du président Macron montre la réalité : il n’a rien fait contre la crise environnementale, excepté des « conventions citoyennes » et des dîners de gala. D’ailleurs, il souhaite à nouveau organiser un « sommet » dédié aux océans pour l’année 2022.

De sommet en sommet, il souhaite peut-être oublier qu’il a touché le fond de l’hypocrisie écologiste. En effet, c’était lors de la mise en place d’une taxe carbone supposément écologiste que les Gilets jaunes s’étaient formés en novembre 2018. Voilà la vision de l’écologie de Macron et de ses amis bourgeois : si cela touche aux droits de la propriété, à la production et au profit, c’est une mauvaise mesure. Mais si les tarifs de l’essence augmentent pour tout le prolétariat et les masses qui prennent quotidiennement la voiture pour le travail, alors c’est une bonne mesure écologiste  !

Il y a eu deux moments différents dans le quinquennat de Macron à ce sujet. Au début, en nommant Nicolas Hulot au ministère de l’Environnement et en parlant beaucoup d’écologie, il a voulu faire croire à des « changements durables ». Finalement, Hulot a démissionné en déclarant qu’il ne pouvait rien faire (et pourtant Hulot n’est pas un révolutionnaire qui aurait voulu changer grand-chose !) et Macron a calmé ses envies écolos. Mais voilà, le COVID est passé par là, et avec lui la « réindustrialisation de la France » et la « relance », dont nous vous parlions dans le numéro d’août-septembre de La Cause du Peuple.

Alors Macron n’a pas loupé l’occasion de lier son nouveau programme économique avec l’écologie. Le 12 juillet, dans une intervention publique, il a demandé l’émergence d’une « écologie de production » pour se réconcilier avec la croissance. Qu’est-ce que ce nouveau type d’écologie ? Une manière camouflée d’admettre qu’il ne faut rien changer à la production, qu’il faut conserver le capitalisme actuel, en lui donnant simplement un volet environnemental.

De gauche à droite, les hypocrites verts

Mais Macron n’est pas le seul à vouloir enfumer les masses en se présentant comme le champion de l’environnement. C’est désormais à la mode de repeindre son programme en vert. Mélenchon a sa « planification écologique », c’est-à-dire un capitalisme vert. Zemmour parle de « grand réchauffement » (sic) et veut droitiser l’écologie. Marine Le Pen veut d’une « écologie civilisationnelle » qui lui permet de justifier ses politiques réactionnaires.

Quant aux écologistes du parti Europe Écologie Les Verts, ils ont tenu leur primaire au mois de septembre et ont élu Jadot pour les représenter. Jadot est un politicien de longue date, qui s’était aligné en 2017 sur le Parti socialiste. Aujourd’hui, il offre soi-disant une écologie « pragmatique », c’est-à-dire modérée.

Bref, l’écologie bourgeoise ressemble à la recette des crêpes : chacun a la sienne ! Mais sont-ils si différents, tous ces projets « verts » ? Différents les uns des autres, évidemment, mais aussi différents de celui de Macron, contre lequel ils sont soi-disant tous ? Voyons voir.

Parmi tous ces politiciens, pas un ne remet en question le mode de production capitaliste, voilà un point commun avec Macron. À gauche comme à droite, la référence à l’écologie n’est finalement pas la garantie d’un programme environnemental cohérent, mais surtout une opération de communication. Il suffit de prendre les rapports des experts bourgeois pour voir l’hypocrisie de la situation. Alors que tous ces politiciens se lamentaient devant le rapport alarmiste du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) cette année, rien dans leur programme n’est à la hauteur des attentes. Ainsi, la bourgeoisie n’est même pas capable de suivre les recommandations de ses propres experts ! Voilà le point où nous en sommes : tout le monde se dit écologiste, alors qu’au fond personne ne l’est. C’est car aucun de ces politiciens ne souhaite tirer les conclusions qui s’imposent en matière environnementale et s’attaquer au mode de production. Et c’est normal : ils sont issus de ce système qui fait d’eux des privilégiés, ils n’ont donc pas de raison de le renverser.

Seules les masses sauvent l’environnement

Car qui est en mesure de « sauver l’environnement » ? La bourgeoisie est en faillite totale sur cette question. Faillite économique, car prendre de vraies mesures attaquerait la base de son pouvoir. Faillite politique, car la concurrence entre les impérialistes à l’international rend impossibles des actions de poids au-delà des mots. Faillites morales et culturelles, car la suppression brutale de la biodiversité, l’exploitation barbare des ressources et le changement climatique sont des responsabilités directes de l’impérialisme qu’il faut assumer.

Contrairement à la bourgeoisie, le prolétariat n’a pas la possibilité de mettre la crise environnementale sous le tapis et d’ignorer la science. Tous les ans, à travers le monde, les larges masses paysannes et ouvrières vivent les effets directs de cette crise : catastrophes naturelles, destruction des lieux de vie, sécheresses ou inondations sur les terres ou les habitations… Ainsi, ce sont les masses du monde entier, et le prolétariat en France, qui ont le plus besoin d’attaquer frontalement le problème de l’environnement. Et ce sont les seules qui ont la capacité de le faire, car nos vies dépendent d’un environnement sain. Si la Terre devient irrespirable ou trop chaude, des milliards d’entre nous ne pourront pas se faire catapulter dans l’espace comme Jeff Bezos pour éviter ça.

Soyons optimistes : nous-mêmes, et nos enfants et petits enfants pourrons tout à fait parvenir à vivre dans un monde meilleur, où la crise environnementale est résolue. Mais ce ne sera pas grâce à Macron, Le Pen ou n’importe quel champion de la bourgeoisie. Ce ne sera que le résultat de la mise en mouvement des masses, et de la prise du pouvoir du prolétariat. Ainsi, et seulement ainsi, aurons-nous les outils entre nos mains pour pouvoir nous attaquer vraiment à cette question et transformer une fois pour toutes notre rapport à l’environnement pour l’humanité entière.

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