Photographie, une nouvelle façon de voir le monde

Photographie, une nouvelle façon de voir le monde

Pour l’équipe de la Cause du Peuple, il est très important de mettre en avant la culture dans notre société. Elle est le reflet des conditions de cette société, et les artistes incarnent les oppositions et les contradictions du monde dans lequel nous vivons. Au cours du travail des Jeunes Révolutionnaires en région parisienne, une rencontre a eu lieu avec un jeune artiste photographe. Comme tant d’autres, il produit son art avec les moyens du bord. Sans sortir d’école, trop chère, sans bénéficier du contact des milieux artistiques, ces prolétaires, notamment jeunes, tentent de se démener pour exprimer leur art face aux pressions sociales et financières. Ce photographe a d’ailleurs pris en photo les activités de solidarité de quartier des Jeunes Révolutionnaires. Nous publions ici une interview de cet artiste.

Cela est d’autant plus important dans le monde dans lequel nous vivons, où l’art et la culture servent pour beaucoup de « pause » nécessaire face à une réalité violente et dure. La photographie prend pour base le réel, qu’elle immortalise, magnifie. L’utiliser avec l’intention de montrer la force et la beauté des choses, des lieux, des gens, tout ce qui paraît à première vue anodin, est un projet révolutionnaire. Particulièrement lorsque ce sont les banlieues ouvrières dans lesquels un grand nombre d’entre nous vivons qui sont mises en avant. La Cause du Peuple remercie Yan LIGWIGWI pour ses photos disponibles dans l’article.

La photographie est LE moyen d’expression au 21ème siècle dans le monde occidental, là où les téléphones portables ont été démocratisés largement. Cela permet à une nouvelle génération d’artistes d’origine prolétaire de nous dévoiler une autre facette de lieux bien trop souvent oubliés.

Prenons l’exemple d’un jeune photographe talentueux de dix-neuf ans, tout droit venu de la commune de Pantin, en Seine Saint Denis : Yan LIGWIGWI.

Question : Pourquoi avez-vous commencé la photographie ?

Yan LIGWIGWI : J’ai commencé la photographie parce que l’un de mes amis, Silvio, se moquait avec moi de l’art contemporain en disant que c’était très simple. « Tout le monde peut le faire, tout est de l’art à ce niveau ». Il s’avère que tout cela était faux, et que nous parlions sans rien y connaître. Mon ami et moi y avons pris goût en regardant pas mal de vidéos sur l’exposition d’art contemporain. Silvio, s’est intéressé au marché de l’art car nous voulions malgré tout trouver un moyen de nous faire de l’argent. Quant à moi, c’est parce que la photographie m’a inspiré à parler à travers un pixel sur une image.

Q : Que voulez-vous faire passer comme message à travers vos œuvres ?

Y : Les messages que je veux faire passer à travers mes œuvres touchent les sentiments, car ils provoquent des sensations chez l’être humain. C’est le fait de faire parler sur mes œuvres. L’ajout des paroles est fondamental pour moi car elles vont permettre de donner une importance à mes œuvres et aussi d’attirer le monde. Je m’exprime à travers chaque pixel d’une image. Ce n’est pas anodin, si vous arrivez à parler sur ma photo. C’est comme me répondre.

Q : Qu’est-ce qui vous inspire ?

Y : Les lieux que je peux rencontrer. La nature, les côtés urbains, les endroits sombres ou éclairés. Je suis ouvert à tout. Je pense que c’est important dans mon cas si l’on veut savoir tout prendre en photo.

Q : Qu’est-ce qui vous motive ?

Y : Je suis encore amateur en photo, mais j’ai une forte motivation qui me pousse à apprendre davantage. Je voudrais savoir prendre toutes sortes de photos. Ça m’intéresse beaucoup de regarder les professionnels faire pour en savoir plus, à défaut de pouvoir aller dans une école spécialisée. J’imagine ma vie en étant photographe et en alliant quelques affaires à côté pour en vivre.

Q : Comment visualisez-vous le monde avec vos photos ?

Y : Je visualise tout un autre monde que personne ne voit. Savoir parler à travers une image pour en faire une histoire, Relever des événements qui se sont déjà passés dans notre vie, parler d’une routine… Tout cela sur une image. En regardant la prise, je crée un sentiment à faire passer à la retouche.

Q : Qu’avez-vous prévu pour pouvoir vivre de la photographie ?

Y : Mes collègues et moi sommes en train de travailler sur un site pour pouvoir vivre de mes œuvres, en vendant de mes photographies dans un premier temps, uniquement en fond d’écran. Nous espérons ensuite pouvoir les vendre en cadre et toutes sorte d’autre format pour que le client ait vraiment un libre choix. Je veux vraiment faire profiter tout le monde de mes photos et de mes passions tout en les magnifiant pour eux.

Article écrit par Silvio LENTI.

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