Journée Internationale d’Action en soutien à la guerre populaire en Inde

Journée Internationale d’Action en soutien à la guerre populaire en Inde

Ce 24 novembre, au nom des masses révolutionnaires dans le vieil État indien, le Parti Communiste d’Inde (maoïste) a appelé à une journée de solidarité internationale contre la politique de répression génocidaire du gouvernement Modi. Il paraît donc normal pour nous, révolutionnaires de l’État français, de répondre à cet appel, et c’est pourquoi nous utilisons cette journée pour faire connaître la lutte de nos camarades auprès des larges masses de notre pays.

En effet, la lutte de nos camarades indiens, engagés dans la Guerre Populaire depuis 1967, n’est pas anodine. Le Parti Communiste d’Inde (maoïste), à la tête des couches les plus pauvres et les plus méprisées de la société indienne, est l’un des mouvements révolutionnaires les plus importants et anciens du monde. Par ses organisations de masses, son travail politique et son armée (l’Armée Populaire de Guérilla et de Libération), son influence grandit de jour en jour, défiant les pièges les plus fourbes et les plus abjects du vieil État indien.

Pont construit par un comité révolutionnaire dans une base de guérilla

Il convient de présenter un peu plus l’histoire de la lutte des communistes indiens, afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce combat, touchant aujourd’hui des millions de masses dans le pays. L’Inde est un pays gigantesque, aujourd’hui peuplé par plus d’un milliard de personnes. Dans ce pays, la grande majorité des masses vit dans une pauvreté crasse, subissant les privations et les humiliations de la haute-bourgeoisie indienne. Dans les campagnes et dans les jungles, la vie est difficile, et la nourriture vient souvent à manquer. Un régime de castes, bien qu’aboli en théorie, demeure et maintient une partie de la population, les Intouchables, dans une citoyenneté de seconde zone. C’est sans compter les adivasi, tribaux, qui ne sont même pas inclus dans ce système. La place des femmes est elle-aussi désastreuse, les viols, les mariages arrangés dès l’enfance, les enlèvements et les meurtres sont monnaie courante. En bref, la situation sociale en Inde appelle clairement à un changement radical de société.

La révolution indienne commence en 1967, avec l’insurrection de Naxalbari, une petite ville dans la jungle du Bengale, au nord-est de l’Inde. Dans ce village, où les paysans vivaient dans l’oppression constante des propriétaires fonciers et du gouvernement réactionnaire, les communistes ont réussi à soulever la population contre le vieil ordre établi. C’est depuis lors que ce mouvement est qualifié de « naxalite », en référence à ce village, où une étincelle a mis le feu à la plaine. De nombreuses figures ont émergées au milieu de ce coup de tonnerre révolutionnaire, notamment le leader du Parti de l’époque, Charu Majumdar, et ont doté les masses d’armes nouvelles contre les exploiteurs. S’appuyant sur les paysans les plus pauvres, les adivasi (indigènes) délaissés du pouvoir central, les dalits (intouchables), au plus bas de l’échelle sociale et à peine considéré comme des êtres humains, l’influence des communistes n’a cessé de s’étendre, à la barbe de l’État et des vieux partis « de gauche » appelant à la capitulation. La mort en martyr de Charu Majumdar, arrêté et lâchement torturé par la police indienne, reste toujours dans nos esprits et ceux de nos camarades. Son sacrifice ne fut malheureusement pas le seul. Au cours des décennies suivant sa mort, la révolution a dû reculer face à une brutale et aveugle répression, qui se poursuit toujours aujourd’hui. Après une grande période de division et de désorganisation, le Parti a su se réunir une nouvelle fois sous le drapeau rouge, et lutter face aux réactionnaires, sous un nouveau nom, le Parti Communiste d’Inde (maoïste). Bien sûr, l’État indien ne s’est pas laissé débiner et a continué à déployer des méthodes inhumaines et génocidaires. L’État n’a pas hésité à employer la violence la plus crasse contre le peuple, au nom d’une « lutte contre le terrorisme ». Depuis 2008 et jusqu’aux dernières années, l’État indien s’était appuyé sur l’opération Green Hunt (en référence au vert des uniformes de l’armée populaire). Cette campagne, une des plus vastes de ce siècle dans l’ampleur de la mobilisation des forces armées de l’État, s’est démarquée elle aussi par la recrudescence d’actes criminels. On note l’utilisation des milices fascistes, telle que la Salwa Judum, connue pour ses meurtres, ses viols et ses pillages répétés avant d’être dissoute. La police se livre aussi à de nombreuses atrocités dans leur terreur blanche contre la lutte des masses. Elle n’hésite pas à saisir des habitants au hasard dans un village reculé et à les exécuter, les faisant passer par la suite pour des combattants communistes. Dans le même temps, cette violence d’État s’accompagne de crimes inqualifiables contre le peuple commis par les multinationales contre les populations dans les jungles, détruisant leurs villages et les parquant dans des camps.

Aujourd’hui, face à l’échec de Green Hunt, l’État indien a lancé une nouvelle opération de destruction du mouvement révolutionnaire, l’opération Prahar 3. Là encore, rien de nouveau, si ce n’est que cette campagne s’avère bien pire que ce qui précédait. Cela montre la volonté des fascistes indiens d’en finir avec la lutte des masses. L’État indien a raison d’avoir peur. Le nouveau pouvoir construit par les masses sous la direction du Parti est une menace très sérieuse pour lui, et son message se fait de plus en plus entendre du reste du peuple indien, qui a récemment montré qu’il ne se laisserait pas faire face aux coups répétés de la bourgeoisie indienne. C’est ce qu’on a pu le voir avec le plus grand mouvement de grève de l’histoire de l’humanité que les masses y ont mené, qui s’est terminé il y a peu. Le pouvoir de la bourgeoisie indienne commence à trembler, c’est pourquoi elle n’a pas hésité, qu’elle n’hésite pas et qu’elle n’hésitera pas à faire de preuve d’une grande sauvagerie contre le peuple. Comme ici, en France, le pouvoir du capitalisme a des pieds d’argile.

Ferme populaire

Pourquoi défendre la guerre populaire en Inde contre les plans des fascistes du vieil État indien ? On pourrait se poser la question, car même si des choses atroces s’y déroulent, cette lutte semble lointaine, très lointaine, et nous savons tous que nous vivons dans un monde impitoyable, où de telles atrocités se retrouvent partout, et en particulier dans les pays opprimés. Pourquoi alors ? Eh bien tout simplement parce que la guerre révolutionnaire des masses indiennes est une guerre pour le nouveau monde que nous essayons de construire. Parce que, par ses victoires militaires contre l’État indien, l’armée populaire nous montre qu’avec la force des masses, la révolution est invincible, par ses unités de guérilla du Dandakaranya, en Inde, dirigées par le général Hidma, cauchemar des réactionnaires et des forces de répression. Aussi, et surtout parce que ce combat a permis l’émancipation de millions de personnes que nous visons ici, en France. Le Parti a brisé les vieilles traditions patriarcales partout où il les a trouvées, a redistribué les terres des exploiteurs d’autrefois aux paysans, a détruit les différences de castes, de classes sociales et de sexes. Et par-dessus-tout, il a redonné le pouvoir au peuple dans les zones qu’il contrôle. C’est précisément ce que nous voulons. Les camarades indiens nous montrent donc l’exemple. Ils nous montrent la voie vers le chemin que nous essayons de suivre pour notre pays. En clair, la lutte des masses indiennes est aussi la nôtre, et c’est pour cela qu’il faut la défendre coûte que coûte contre une répression bestiale, qui n’épargne personne, et surtout par des personnes innocentes. Une Inde rouge changerait le monde, construisant le socialisme par la force d’un milliard de bras, dirigés entièrement vers la destruction de l’exploitation chez eux, et partout dans monde. Une Inde rouge apporterait l’espoir parmi tous les révolutionnaires du monde entier, et parmi toutes les masses en lutte partout dans le monde. Par notre réponse à cet appel à la solidarité internationale, qui a dû être suivies de multiples actions à l’heure où vous lisez cet article, la Cause du Peuple réaffirme son soutien pour la libération du prolétariat international, en Inde comme en France, et comme ailleurs.

Vive la lutte des masses révolutionnaires indiennes contre l’impérialisme, vive le Parti Communiste d’Inde (maoïste) et vive la Guerre Populaire ! Feu sur Prahar 3 et les plans génocidaires du vieil État Indien !

C. Hugo, Rennes

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