Éditorial Décembre : Qu’est-ce que la politique ?

Éditorial Décembre : Qu’est-ce que la politique ?

Qu’est-ce que la politique ? Pour beaucoup d’entre nous, la réponse à cette question est vite trouvée : les élections, les parlements, les gouvernements… Pourtant, ce n’est qu’une toute petite partie de la politique. C’est ce qu’on appelle la politique bourgeoise, celle de l’État dans lequel nous vivons aujourd’hui. Cette politique nous a déçu, nous a dégoûté, nous a fait détester « la politique ».

La politique bourgeoise est celle qu’on voit à la télé, celle des grands partis politiques : LREM, RN, PS, LR, FI, PCF etc. C’est celle à laquelle se soumettent les petits partis qui acceptent les règles du jeu tout en mettant en avant leur « révolution ». C’est celle des éditorialistes de CNews, de BFMTV ou encore de « l’émission politique » de France 2. Elle s’oppose aux politiques des autres classes dans la société, et notamment en France, au prolétariat. Elle est la politique d’une classe qui veut exploiter, nous mettre au chômage, faire la guerre à l’étranger, nous violenter ici avec sa police… Tout ça en nous vendant une « alternance » électorale de temps en temps, pour nous maintenir dans l’espoir que tout cela va changer. Mais rien ne change ! Droite, gauche, anciens partis, nouveaux partis, aucun n’a servi d’autre maître que la bourgeoisie. Aucun n’a rompu le lien avec la politique bourgeoise.

Mais la politique bourgeoise n’est pas la seule qui existe. Contre elle, il y a la politique prolétarienne, celle de la classe et des masses, l’immense majorité de la société française. Nous en avons des exemples révolutionnaires : la Commune de Paris et ses lois sur le travail ou l’éducation, ou encore les révolutions prolétariennes dans le monde. Mais il suffit de regarder près de chez nous pour s’apercevoir la différence fondamentale entre politique bourgeoise et prolétarienne. Sur les plateaux, on entend que la politique ne nous intéresserait pas ? Pourtant, les conditions de travail, la vie de quartier, de village, tout cela nous intéresse. Ce que nous boycottons, c’est leur politique.

Prenons le mouvement des Gilets Jaunes, dont nous célébrons les trois ans et qui a marqué toute la politique française. Les Gilets Jaunes ont été « irrécupérables » par un quelconque parti politique bourgeois, malgré la tentative de la droite et du Rassemblement National de se présenter en dirigeants lors des premiers week-ends. Comment peut-on expliquer cela ? C’est que les Gilets Jaunes ont très rapidement développé des mots d’ordre de classe pour le pouvoir d’achat, les salaires, contre le chômage, les violences policières, les mensonges de la République française… Ce sont des gens comme nous, des masses populaires, qui, sur des ronds points, des péages ou des manifestations, se réunissaient et décidaient une politique distincte et opposée à tout ce que la bourgeoisie porte. Voilà pourquoi les mouvements de masse sont si puissants, comme le grand mouvement initié en 2020 contre les violences policières racistes. Ils portent en eux la base pour une politique différente : un autre pouvoir, nouveau.

Alors que les prochaines élections s’ouvrent et que la vie devient de plus en plus chère, la seule politique à l’ordre du jour est celle-ci : le développement d’une politique de classe. Il faut tracer le chemin pour qu’elle saisisse son pouvoir et qu’elle abatte tout ce que la politique bourgeoise a créé. Lorsque cela sera fait, nous pourrons enfin à nouveau croire à « la politique », notre politique.

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