Premier féminicide de 2022 : la propagande militaire et la réalité violente

Premier féminicide de 2022 : la propagande militaire et la réalité violente

Le 1er janvier 2022, à cinq heures du matin, Éléonore Places, jeune femme de 28 ans, est tuée à coups de couteau par son conjoint. Son corps sera découvert plus tard dans la matinée sur le palier de son appartement dans la commune de Bellevigne-les-Châteaux. Quelques heures après le meurtrier, Vaiava Chryssler Hiro militaire de 22 ans, est arrêté et reconnait les faits. Ce crime marque le premier féminicide de l’année 2022 en France.

Le jour de la mort d’Éléonore Places, deux autres femmes, Lisa. T et Muriel Pinchi-Marchetti, sont mortes sous les coups de leur conjoint et ex-conjoint. Le tueur d’Eleonore Places était connu de la police. En effet, Éléonore avait porté plainte plusieurs fois contre son compagnon pour coups et blessures ainsi que pour des faits d’enlèvement et séquestration en 2021. Victime de son compagnon, mais aussi et depuis plus longtemps encore des nombreuses violences patriarcales qu’elle subira durant les procédures judiciaires entreprise dans le but d’échapper à la violence de son compagnon.

Comme 35 % des femmes victimes de féminicide sous les coups de leurs conjoint ou ex-conjoint, Éléonore avait porté plainte. Mais les violences patriarcales ne s’arrêtent pas au conjoint et Éléonore a dû faire face, depuis le commissariat où elle a déposé ses plaintes jusqu’au tribunal ou  a été reconnu coupable de violences conjugales, à un système gangrené par le patriarcat, la désinformation et le désintérêt pour ces victimes. Le procureur d’Angers en charge de l’affaire ira jusque blâmer la victime pour son «déni» et la violation du contrôle judiciaire interdisant au meurtrier de rentrer en contact avec sa compagne, soulignant la contradiction entre «sa crainte des scènes de violence» et son «refus du dispositif».

Elonore Places s’était engagée dans l’armée impérialiste française, où, selon les témoignages, “elle avait du mal à s’intégrer” car “elle s’était fait une fausse idée de l’armée”. Son meurtrier était lui-même militaire. Envoyé au Mali en 2020, il en était revenu “changé”. C’est l’occasion de constater l’ironie sans gêne de la propagande militaire, notamment dans les pays d’Afrique comme le Mali. Envoyé comme “aide pour l’établissement d’une société saine et civile” en terre “sauvage et perdue”, il n’a évidemment pas tenu cette promesse aberrante faite aux Maliens, pourtant nombreux à demander le départ de l’armée française de leur pays. Le meurtre d’Éléonore est donc une constatation de l’échec d’un gouvernement bourgeois, patriarcal et impérialiste poussant dans des travers pervers son ambition coloniale à peine dissimulée derrière des soldats répondant presque tous aux stéréotypes du sauvage violent et sexiste pourtant imputés aux habitants des pays où ils interviennent.

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